
La question de l'existence du poste de premier ministre est mise en balance par la pratique politique de Nicolas SARKOZY. Cependant, au sens des institutions, n'en déplaisent à ses détracteurs, le Président n'accomplit aucun crime de "Lèse-République". Bien au contraire. Nicolas SARKOZY dispose de prérogatives constitutionnelles qu'il agrémente d'un tempérament politique hors du commun. Peut-on l'en blâmer ? Assurément non.
A l'inverse, il convient de se réjouir de l'exposition de Nicolas SARKOZY qui assume une responsabilité politique (entendue au sens stricte) et offre à l'opposition des boulevards de contestation. Finalement, ne manque au système pour être complet, que l'établissement d'une responsabilité juridique effective et la mise en place d'un cloisonnement étanche entre les pouvoirs sur la base du modèle américain. Cette restructuration des pouvoirs passe nécessairement par la suppression du poste de premier ministre qui est devenu un faire-valoir ou un simple "collaborateur", selon les propos de Nicolas SARKOZY. Un Président qui gouverne, empêche de fait au premier ministre de trouver un espace politique autre que celui de "coordinateur".
En l'état actuel, le secrétaire général de l'Elysée pourrait réaliser la jonction entre les services du Président et les membres du gouvernement. Il conviendrait, alors, de réaliser le basculement de la responsabilité gouvernemental vers une responsabilité de l'exécutif et de renforcer le pouvoir de contrôle du Parlement.
Sans cristalliser le débat institutionnel autour du premier ministre, il est normal de s'interroger sur la pérennité d'un poste aux attributions politiquement parfaitement aléatoires. Cette transformation serait le gage d'un véritable progrès démocratique et l'avénement d'une présidentialisation du régime conforme au respect des équilibres républicains. Le Parlement sortirait renforcé d'une telle démarche et exercerait pleinement ses pouvoirs dans un cadre qui lui serait réservé.
En conclusion, il ne s'agit bien évidemmment pas de pointer l'action de tel ou tel responsable politique mais d'aborder la question sereinement. Il est, d'ailleurs, d'autant plus aisé de se prononcer pour la suppression du poste de premier ministre que François FILLON est lui même favorable à une telle réforme.
Jeunes Populaires 15 - Hubert JAMAULT