Douze mois de prison ferme ont été requis devant la Cour d'appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle) à l'encontre de Jamal Dati, frère de la franco-marocaine Rachida Dati, ministre de la Justice du Gouvernement Sarko-Fillon. Poursuivi pour consommation et revente d'héroïne à Verdun en 2005, le frère du ministre, âgé de 34 ans, avait été condamné à six mois de prison avec sursis le 28 février dernier par le Tribunal correctionnel de Verdun (Meuse) mais le Parquet général avait fait appel.
L'Avocat général a demandé des peines de six mois à deux ans de prison dont un avec sursis à l'encontre de trois co-prévenus qui avaient écopé de trois mois ferme en première instance. La Cour rendra son arrêt le 21 août.
En requérant un an contre Jamal Dati, qui travaille comme tuyauteur et qui est père d'un garçon de deux mois, l'Avocat général a laissé entrevoir la possibilité d'un aménagement de peine qui lui permettrait de préserver sa vie sociale ; permettant vraisemblablement aussi de préserver la précieuse carrière de ce magistrat irréprochable, n'en doutons pas !
Jacques Nicolle a néanmoins rappelé qu'il avait été condamné dès 1995 à une amende pour usage de stupéfiants puis en octobre 2001 à trois de prison dont 18 mois avec sursis pour trafic de drogue. C'était devant le tribunal correctionnel de Chalon-sur-Saône, ville où ont grandi les douze enfants de la famille Dati. On ne peut pas estimer, à quelques années de distance, qu'il puisse avoir droit à une nouvelle mise à l'épreuve , a estimé Jacques Nicolle. On reproche cette fois à Jamal Dati des séjours réguliers à Maastricht (Hollande) où il se fournissait en héroïne, confiant parfois à son retour quelques doses à des revendeurs.
Le principe de peine plancher, pour les récidivistes, inscrit dans la loi Dati qui est débattue en ce moment devant le Parlement, ne sera donc pas appliqué au frère de Rachida Dati. En revanche, n'importe quel autre justiciable récidiviste devrait en subir les conséquences dans les semaines et les mois à venir. C'est sans doute cela, aussi, la rupture de Sarkozy !
Conseillé par le très médiatique et non moins onéreux Me Gérard Michel, Jamal Dati a tenté à l'audience de se la jouer Cosette de la T-ci au pays des narcotrafiquants, afin de tenter d'apitoyer la Cour. De surcroît, l'avocat n'a pas omis de sous entendre que sa grande soeur était aujourd'hui à la tête du ministère de la Justice. Ministère en charge, notamment, de gérer les carrières de ces excellents magistrats. A bon entendeur?