Septembre 2009 : suite aux pressions du FMI et de la Commission Européenne, le gouvernement Guéant est contraint d'annoncer des hausses d'impôts pour réduire le déficit des finances publiques sous les 3% après le dérapage de 2008. Nicolas Sarkozy bat des records d'impopularité.Le magazine Capital n'est pas à proprement parlé un magazine hostile au nouveau pouvoir. Après les mises en garde répétées de nombreux économistes plutôt classés à gauche dans AlternativesEconomiques, Libération et Le Monde, c'est le tour d'économistes libéraux de souligner les risques de l'exonération des heures supplémentaires. Dans un dossier de 4 pages assez complet, le magazine revient sur les nombreux effets pervers du dispositif imaginé pour mettre en musique la promesse du candidat de travailler plus pour gagner plus .
Le premier point évoqué est clairement le coût du dispositif : si on se base uniquement sur le volume d'heures supplémentaires actuellement réalisé, cette promesse coûterait 5 milliards d'euro, soit l'équivalent du budget du ministère de la justice ! Et encore, ce coût ne peut être considéré que comme une hypothèse basse car il devrait inciter le développement des heures supplémentaires. D'où le deuxième effet pervers : ces exonérations fiscales risquent de pousser à des transferts de primes ou d'augmentation en heures supplémentaires pour gagner de l'argent. En outre, cela va fortement inciter les entreprises à favoriser l'accroissement de la durée du travail au détriment des embauches, bien plus coûteuses. Enfin, dernier effet pervers : ce système va encore complexifier notre système fiscal, qui n'en a pas besoin?
Au final, la quasi-totalité des économistes, de tous bords, se retrouvent pour dénoncer les effets pervers des mesures économiques prises par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. On pourra objecter que les économistes n'ont pas toujours raison mais d'habitude, on trouve des partisans et des opposants aux mesures gouvernementales. Le quasi unanimisme d'aujourd'hui est d'autant plus inquiétant que personne au gouvernement ou à l'Elysée n'a démontré de compétences particulières en économie. La réalité risque de rattraper la France, comme elle l'avait fait pour les socialistes au début des années 80.
Nicolas Sarkozy a une vision très volontariste et pragmatique de l'économie. De manière positive, cela l'avait poussé à soutenir une solution publique pour Alstom, qui s'est révélée un succès. En négatif, cela lui fait ignorer des réalités économiques qu'il devra affronter tôt ou tard.
Source : Capital, août 2007