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Une présidence antisociale sans opposition
Le président Sarkozy n'a pas encore pris beaucoup de mesures concrètes, à part son fameux paquet fiscal . Curieusement, le côté antisocial de sa politique n'a pas attiré le moindre bémol des débauchés du gouvernement et l'opposition n'arrive même pas à articuler une critique qui serait pourtant bien facile.Même si certaines mesures peuvent être justes dans le principe, elles se heurtent à la situation financière actuelle. Il est profondément injuste socialement de prendre des mesures qui vont profiter à quelques dizaines de milliers de foyers aisés alors que les inégalités ont déjà tendance à se creuser naturellement et que le budget est encore loin de l'équilibre. Ce dernier point est crucial dans la mesure où si la conjoncture se retourne et que l'Etat n'a plus les moyens d'amortir la crise, ce sont les moins aisés qui seront les premiers frappés. Il est difficilement compréhensible que les critiques ne soient pas plus fortes sur un gouvernement dont les cadeaux fiscaux aux plus aisés risquent de se retourner contre les foyers les plus modestes à la moindre baisse de la croissance. Et il est vraiment incroyable que des personnalités dites de gauche qui critiquaient la présidence Chirac et la campagne de Nicolas Sarkozy ne trouvent rien à redire à la politique fiscale et salariale du gouvernement. Alors que le gouvernement Villepin augmentait le SMIC de 4% (le salaire minimum a davantage progressé de 2002 à 2007 que de 1997 à 2002?) et multipliait les logements sociaux, le gouvernement Sarkozy augmente le SMIC au minimum (2%) et consacre des milliards pour des cadeaux fiscaux aux plus aisés. La France a le gouvernement le plus à droite fiscalement depuis 20 ans mais quelques opportunistes qui se disent de gauche se laissent débaucher en silence. Quand au parti socialiste, il reste empêtré dans ses déchirements et continue à réserver ses petites phrases à leurs guerres internes plutôt qu'à la critique organisée et structurée de la politique fiscale du gouvernement. Le parti socialiste devrait enfin songer à penser aux français et à son rôle d'opposant plutôt que rester centré sur lui-même et les ambitions des uns et des autres. Nicolas Sarkozy a eu raison de passer ces mesures au début de son mandat, quand l'opposition est la moins forte. Mais malgré les débauchages et une opposition qui ne joue pas son rôle, les Français finiront par se rendre compte du côté antisocial de sa politique.
Source : hautetfort.com
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