42 - LE COQ NATIONAL
AIGNAY-LE-DUC (COTE-D'OR, 21) et VERDELOT (SEINE-ET-MARNE, 77)


On ne doit jamais dire jamais . Je m'étais juré de ne pas aborder ce thème. Et pourtant, à la réflexion, il ne manque pas d'intérêt. Car il y a des choses à en savoir et à en dire.
ANSE (RHONE, 69) et SAINT-RIQUIER (SOMME, 80)


Et d'abord, sait-on que nous devons à l'animal le mot COCARDE ? Sous Louis XIV, c'est une touffe de plumes de coq portée par les mercenaires croates. La Révolution l'installe au rang d'emblème national sous sa forme tricolore.
ARVILLE et SAINT-JEAN-LES-DEUX-JUMEAUX (SEINE-ET-MARNE, 77)


Ce n'est pas en tant que maître de la basse-cour qu'il représente la France, mais comme symbole de la vigilance et du peuple français (Quid 2001), et parce que l'origine latine du pays se confond avec le nom latin du coq (Gallus). D'où le COQ GAULOIS. Mais Jean CHEVALIER et Alain GHEERBRANT (Dictionnaire des Symboles, Seghers, puis Laffont-Bouquins) jugent que cet animal possède une valeur symbolique […] quasi-nulle . Je leur laisse la responsabilité du propos.
BOUGAINVILLE et MORLANCOURT (SOMME, 80)


Je signale en passant que les Latins entendaient COCOCOCO , les Anglais ont opté pour COCK-A-DOODLE-DOO , les Allemands pour KIKERIKI et les Japonais pour KUKELEKU . J'en conclus que l'onomatopée, contrairement à ce que soutint l'admirable Jean-Pierre BRISSET, ne saurait être à l'origine du langage.
BANEINS (AIN, 01) et FOUCHERES (AUBE, 10)


Dès la fin du XVII° siècle, les adversaires des rois de France mettent dans leurs caricatures des coqs, signe qu'il est déjà un emblème national (début du même siècle). En réponse, dans le long conflit entre ceux-ci et l'Espagne, le coq vient à bout du lion, qu'on se le dise !
BAS-EN-BASSET (HAUTE-LOIRE, 43) et PORTES (GARD, 30)


Bref, loin de dater de la Révolution, la référence française au coq est très ancienne, et fait même la jonction entre l'Ancien Régime et la République. N'est-ce pas plein d'enseignement ?
BEINE (MARNE, 51) et BRAZEY-EN-PLAINE (COTE-D'OR, 21)


Quoi qu'il en soit, le coq inspire l'imagination de bien des manières, que ce soit par la fierté de sa forme et de sa démarche, par la vivacité de ses couleurs, par le claironnant de son cri (de son chant ?) ou par le machisme de ses manières avec les dames de la basse-cour.
CHAUDEFONDS-SUR-LAYON (MAINE-ET-LOIRE, 49) et BAZAINVILLE (YVELINES, 78)


Ne prêtons aucune attention aux bouddhistes tibétains, pour qui ces mêmes caractéristiques en font un des trois poisons (avec le porc et le serpent), mais gardons l'idée d'un symbole solaire universel, pour une raison évidente, quoique Pythagore recommande : Nourrissez le coq et ne l'immolez pas, car il est consacré au soleil et à la lune . Le Prophète voit en lui l'ennemi des ennemis de Dieu .
CORDIRON (DOUBS, 25) et BEAUSOLEIL (ALPES-MARITIMES, 06)


Relevons également son rôle de psychopompe , dont l'importance n'échappe à personne. Terminons ce sommaire panorama symbolique avec les traditions nordique, où prime la vigilance guerrière, et maçonnique, qui se contente de la simple vigilance, dans l'attente de la lumière initiatique.
COURGIVAUX (MARNE, 51) et CHEMILLE (MAINE-ET-LOIRE, 49)


Je croyais que les monuments aux morts étaient aux deux-tiers couronnés d'un coq. Il m'en faut rabattre : il est loin d'être aussi répandu que je croyais. Sculpté dans la pierre même, réalisé en bronze ou en simple ferraille, le coq se rencontre dans quelques centaines de localités, et non plusieurs milliers.
FUBLAINES (SEINE-ET-MARNE, 77) et MONTIGNY-LES-CORMEILLES (VAL-D'OISE, 95)


La plupart sont de petits détails sur les photos, quelques-uns, photographiés de près, permettent de se faire une idée très précise du travail de l'artiste.
OUTREAU (PAS-DE-CALAIS, 62)
