Nous ne manquons pas de Commission et de Conseil. Grands ou petits, depuis des décennies, notre société est sous la loupe et le scalpel d? experts , de sages . Nous sommes auscultés bien mieux que le Malade imaginaire et les Diafoirus de tout poil sont à notre chevet.
Le Haut Conseil de l'éducation a été créé par Monsieur Fillon, preuve que Monsieur Fillon existe. Les experts qui ont pondu ledit rapport, telle la poule qui s'émerveille de son ?uf, lève le voile sur bien des illusions :
Notre école primaire se porte moins bien que l'opinion publique ne l'a cru longtemps. En particulier, elle ne parvient pas, malgré la conscience professionnelle de son corps enseignant, à réduire des difficultés pourtant repérées très tôt chez certains élèves et qui s'aggraveront tout au long de leur parcours scolaire .
Le constat n'est pas engageant : Quatre écoliers sur dix sortent de l'école primaire avec des lacunes. Les disciplines considérées comme fondamentales comme l'écriture, la lecture et les mathématiques sont touchées. Quatre sur dix !
Cerise sur le gâteau de notre belle école, 15% des élèves, à la sortie de ce beau parcours, sont en très grande difficulté : Ils sont incapables de déchiffrer, de lire vite de comprendre. Ces élèves seraient donc condamnés à une scolarité difficile dès l'entrée au collège.
Quinze pour cent ! Une bonne pépinière pour la paix des collèges.
Tout le monde le sait n'est-ce pas ? Quand un être humain, quel que soit son âge, ne comprend pas, et ne peut pas exprimer sa pensée, si modeste soit elle, il communique ou tente de communiquer par un métalangage. La violence en est un. Qui plus est, en grandissant il sera facilement ouvert à toutes les théories et croyances simplistes et réductrices .
Quinze pour cent, c'est un bon vivier?
Le rapport avoue que bon nombre de ces élèves avaient déjà des difficultés dès le CP. Cela l'école le sait, mais semblerait s?être résignée , faute d'instruments efficaces.
Allons, tout n'est pas noir : Notre école est la meilleure du monde? pour 50% des élèves . Ainsi résumait la situation Christian Forestier dans son livre : Que vaut l'enseignement en France ?
Les vieux débats ressortent dans ce rapport, comme les escargots après la pluie : est-il opportun de maintenir un redoublement précoce ? Il paraît que l'école de la République est championne en son genre depuis quelques années et que ce serait inefficace? Autre point qui préoccupe notre Haut Conseil : l'écart entre les enseignements dispensés en maternelle et l'entrée en primaire.
Et puis ne pas oublier les vieilles rengaines : L'organisation du système pénalise son efficacité , rappelant que les directeurs d'école n'ont pas de statuts et que les 1300 inspecteurs sont : absorbés par les tâches administratives au détriment de l'animation pédagogique . Cette dernière information me rassure. N'est-il pas préférable que les inspecteurs se tiennent au chaud, accablés par leurs tâches administratives ? Il n'est que de lire les instructions et enseignements dispensés dans les IUFM.
Bien digérés, les fruits des IUFM donnent des résultats merveilleux et un chef d'établissement a tenu à en faire profiter le plus grand nombre en se livrant sur Internet :
Extraits :
? Or donc, réunion parents-professeurs, l'autre jour. Le stagiaire se trouve à une table voisine de la mienne. Il dit des trucs du genre : Mon projet pédagogique prend en compte une transversalité hétérogène des compétences et redistribue les champs d'autonomie dans un crible tabulaire, ce qui m'a permis de déceler chez Alexandre une prise en compte erratique des graphies ... sur : http://www.sauv.net/stagiaire.php |
Nous ne connaissons ni le stagiaire ni le brave Alexandre, mais nous les plaignions tous les deux?Quant aux parents d'Alexandre, nous compatissons !
Plus que jamais, il est indispensable de rétablir le maniement clair, correct et général de la langue française. , tel que le définissait la société des agrégés de l'université qui avait pris position lors de la prise de décision du ministre Gilles de Robien?
A lire et méditer?
http://www.famille-ecole-education.net/fiche_recherche.htm?IDLigne=134
Un nouveau rapport est donc sur le bureau on ne peut plus encombré de Monsieur le Président qui a des idées sur tout et qui répète à qui veut l'entendre : Jamais je ne serai un président statique .
Avec un ego rarement atteint, à part dans la fable que nous connaissons tous de La Grenouille et le B?uf , il poursuit :
Je n'endosserai pas ce rôle ridicule qui consiste à exiger du Premier ministre qu'il réduise le chômage ; c'est à moi de réagir. . Déclaration du mardi 21 août 2007 devant la presse quotidienne régionale.
Ainsi pouvons-nous constater que, tout petit, Monsieur le Président n'a pas appris et retenu cette belle fable. Et de lui rappeler que : S'enfla si bien qu'elle creva.
Mais qu'il enfle et qu'il en crève n'est pas notre premier souci. C'est de notre pays qu'il s'agit, de tous ses enfants qui sont les nôtres. Les masques tombent.
Quinze pour cent d'enfants sont en très grande difficulté au sortir du primaire. Et combien s'y sont ennuyés et perdus le goût du travail ?
Bien sûr il faut taire les problèmes soulevés par un trop grand nombre d'enfants d'origine culturelle si diverse dans certaines écoles de quartier?
Mais un baromètre nous indique clairement l'état de santé de l'école républicaine : le nombre croissant des écoles privées , authentiquement privées?
Les Hussards noirs de la République doivent bien se mordre les doigts?
Lectures de rentrée : Les Echos du 24-25 août 2007