Et voilà ...
Un retour mitigé, mi-sucre, mi-sel. Un peu blanc un peu noir...Grisounet quoi !
Mon prof principal : M. Passé-Simple (en raison de son nom qui est conjugé à ce temps ), prof de philosophie, un espèce de grand truc, sorti d'un roman de Pennac.
En un mot : charmant =)
Un emploi du temps en vrac... Décousu et incohérent pour des élèves de terminales...
Je finis à 17h00 UN soir, sinon : 18h00 tous les jours.
Et le matin ? JE N'AI PAS COURS, nan j'éxagère, je commence 2 fois à 9h00, 2 fois à 10h00 et le jeudi matin... Là j'ai VRAIMENT pas cours avant 14h00 (ils pouvaient pas foutre des cours là ces cons, d'autant que l'aprèm' j'ai d'affilé Philo [2h00] et Littérature [2h00) Et BAM)
En même temps pas d'affolement, je vais trouver mon rythme de travail(nan, on ne se moque pas au fond, c'est la T.E.R.M.I.N.A.L.E les mecs, je dois bosser !)
Trois heures de philo le premier jour, ça met dans le bain. Entre la motivation ( les 2 premières heures et demie : c'est tellement intéressant/impressionant ce qu'il raconte du haut de son estrade ) et le découragement ( "heu...je... Hum... Moi ignare, moi pas bien comprendre toi, toi parler moins vite, moi avoir tête comme une pastèque !")
Et puis bien sûre (sinon c'est pas drôle)
Les retrouvailles.
Je n'appelle pas ça retrouvailles en fait.
Il faut dire qu'à Véhache (mon mââââârvelous bahut) j'ai bôôôôcoup travaillé mon petit rôle. Ca a mit quoi ? Quelques mois à se mettre en place, à vrai dire ce n'a pas été très difficle.
A force d'efforts quotidiens, j'ai réussi mon tour de passe passe préféré.
Je suis devenu l'invisible.
Moins invisible que certains, c'est sûre.
Je pense qu'on sait que j'existe (en l'occurence j'ai une grande gueule incorrigible...)
Mais c'est moi qui décide quand. Si je ne vais pas leur parler, si je ne rentre pas dans le groupe je me fond dans la masse.
Celle des autres.
Et je me fait impassible et transparente.
J'ai du mal avec "les autres" en général. Déjà avec mes amis ce n'est pas toujours simple.
Mais alors les inconnus du quotidien scolaire. J'ai du mal à les intégrer à ma vie.
Je n'en ai même pas envie en fait. Je me ferme et je suis imperméable.
Bref, tout ça c'est justement réservé au "autres", la grosse masse indiscible des gens dont je me contretamponne (je passe pour une grosse conne là , je sais -_-)
Ben hier (et aujourd'hui), évènement improbable ! On m'a transparenté malgré moi !
Et pas n'importe qui, Joja et Bilou. Les Toubifri.
J'arrête très vite de me faire un cinéma mi naïf mi stupide : d'attacher ça au hasard de leurs humeurs (changeantes )
Oui oui : c'est contre moi !
Après tout elles sourient et parlent aux autres.
[Elles sont beaucoup plus douées que moi pour ça. Pas qu'elles leur attachent de l'importance ou trop de sympathie. Elles savent juste être sociables, sympathiques et imposantes]
Je ne sais pas vraiment ce que j'ai pû faire, pour être ignorée.
Au début ça fait mal. Au bout de 4h00 c'est juste assez douloureux pour que j'essaye de pas y accorder trop d'importance (même si ça me trotte dans la tête)
Et puis quand on te parle mal pour la 10ème fois, sans raison, après la seconde d'humiliation qui te serre le bide et entre le moment où t'as envie de gueuler "j'suis ton amie tu te rappelles??", et celui où tu te demandes ce que tu as bien pû faire... Bha tu renonces à comprendre.
Oh, j'ai sûrement fait quelque chose, bien sure.
Soit avec un peu de temps ça pétera, soit ça s'effacera.
J'ai du mal à saisir, mais comme je disais, les relations humaines ne sont pas mon fort, alors les amis qui restent les miens, qui arrivent à me supporter, sont ceux qui comprennent et acceptent mon fonctionnement.
M'aiment malgré moi.
C'est pour ça qu'il n'y en pas tant.
Je compte Joja et Bilou parmis ceux la. Peut être ai je tort. Le temps nous le dira.
Si je me trompe, je peux toujours continuer mon imitation du cocombre de mer au lycée. Et prendre le temps de digérer. Recompter mes erreurs, histoire de ne pas recommencer.
Je me résigne à ce que je suis.
Parce que changer ça prend du temps.
Je ne sais pas trop si je suis triste ou pas.
Mais en ce moment, y'a trop de chose qui me font peur pour que cette histoire prenne trop de place dans la "boîte à chagrin". Ca reste stocké dans le compartiment "angoisses secrètes", ça bouillone à feux doux. En attendant son heure.
Un genre de bombe à retardement. Ou pas.
We will see.