Le site de campagne de Bertrand Delanoë :
http://bertranddelanoe.net/vlog-paris/
PARIS, 4 sept 2007 (AFP) - Le maire de Paris Bertrand Delanoë, a ouvert mardi son site de campagne, bertranddelanoe.net, où il demande aux Parisiens de débattre et de lui faire des propositions.
Dans une vidéo, il indique qu'il est candidat à sa propre succession non pour "prolonger" son mandat mais "pour une nouvelle dynamique démocratique, sociale, culturelle, urbaine, économique".
"Il fallait d'abord que Paris se retrouve, que Paris retrouve (...) sa dignité, son plaisir d'être dans une vie collective et démocratique, où il n'y a pas de faux électeurs, où il n'y a pas d'emplois fictifs". "La démocratie est le principal acquis de tous les Parisiens ces dernières années", affirme-t-il, estimant aussi que Paris "a rattrapé beaucoup de retards en matière de solidarité, de logement".
Sur la base de ce qui a été déjà fait, il veut "construire quelque chose de neuf, quelque chose de cohérent avec le passé mais qui se projette complètement dans les temps qui viennent, dans 2008-2014".
A cet égard, il souhaite que tout un chacun s'exprime sur son site, propose, débatte. "Même si vous ne votez jamais pour moi, j'ai besoin de toutes les opinions de Paris, j'ai besoin de toutes les expériences, des souffrances, des insolences, j'ai besoin de la vitalité, de notre créativité collective". "Je vous propose (...) de faire avec moi et avec l'équipe qui m'entoure le dessin du Paris que nous aimons, du Paris pour lequel nous avons de l'ambition, mais pour lequel aussi nous voulons agir concrètement avec aussi un certain sens de la gestion", ajoute le maire de Paris.
Tout en se disant "très fier" de l'équipe qu'il a animée depuis 2001, dont il reconnaît les résultats "tout à fait honorables" mais aussi les "insuffisances", il dit vouloir l'"enrichir" et "rassembler des femmes et des hommes qui représentent vraiment Paris" avec une "diversité d'origine, de culture, d'inventivité, de passion".
chc/swi
AFP
Le maire socialiste de la capitale briguera bien un second mandat l'an prochain.
Par éCOIFFIER MATTHIEU
QUOTIDIEN : mardi 4 septembre 2007
Fin du faux suspense: Delanoë rempile. Le maire de Paris annonce aujourd'hui officiellement qu'il est candidat à sa réélection aux municipales de mars 2008. Samedi, à l'université d'été du PS à La Rochelle, Bertrand Delanoë avait laissé planer le doute sur sa décision, au prétexte de ne pas mélanger le chantier de rénovation du PS avec son destin municipal. Façon, surtout, de ne pas griller son plan de com: une interview dans le Parisien d'aujourd'hui, où il déclare avoir «bien réfléchi. Si j'ai décidé de m'engager à nouveau, c'est pour impulser une dynamique nouvelle». Un site Internet dédié à sa campagne devait être mis en ligne dès hier soir.
«C'est la fin d'un insoutenable suspense», ironise Denis Baupin, son adjoint aux transports, qui portera les couleurs des Verts aux municipales. A 57 ans, Delanoë, qui se définit comme «un maire à 100% depuis six ans et demi» et assure «ne pas rêver de pouvoir, la nuit», a donc décidé de briguer un second mandat. Cet été, alors que ses ambitions nationales commençaient à le chatouiller sérieusement, il avait prévenu que s'il l'emportait, ce serait son «dernier» mandat de maire.
Ce timing lui permet de surfer sur le succès estival du Vélib? au moment où les Parisiens rentrent de vacances. Et d'entrer dans la bataille au moment où sa rivale de l'UMP, Françoise de Panafieu, vient de recevoir le soutien du président de la République (lire ci-contre).
En fanfare. Delanoë sait qu'il bénéficie d'une longueur d'avance sur une droite parisienne encore marquée par les errements chiraco-tibéristes. Et qui n'a réussi à trouver ni un style d'opposition, ni des propositions crédibles, au-delà de la dénonciation des embouteillages mis sur le compte du développement des transports en commun (couloirs de bus, tramways?). Après avoir raflé 13 circonscriptions sur 21 aux dernières législatives, dont celle, stratégique, du XIIe arrondissement, la gauche part en position favorable pour 2008.
Pour l'emporter, Bertrand Delanoë compte évidemment sur son bilan. Début en fanfare avec Paris-Plage, la Nuit-blanche et les couloirs de bus élargis. Création de logements sociaux: 4 500 chaque année. Des places en crèches plus nombreuses et mieux réparties. Un chantier de résorption de l'habitat insalubre qui n'a pas empêché, en 2005, les incendies meurtriers, de l'hôtel Paris-Opéra et des immeubles du boulevard Vincent Auriol et de la rue du Roi Doré. Paris est aussi moins polluée, notamment grâce à une politique des transports que les Verts comptent bien revendiquer.
Dans la colonne débit, l'urba
nisme reste un champ délicat. Le projet de réhabilitation du quartier des Halles n'a débouché que sur une solution à profil bas. Et Paris reste loin du dynamisme architectural actuellement en vogue à Londres, Barcelone et Madrid.
Phosphorer. Symbole de ce manque d'audace, l'échec de la candidature aux JO de 2012, en raison d'un dossier moins séduisant que celui de Londres. A l'époque Delanoë, dénonçant des magouilles au sein du CIO, était apparu comme mauvais perdant.
Le maire sait néanmoins qu'une élection ne se gagne pas sur un bilan. Bertrand Delanoë a donc mis sur pied des groupes de travail pour phosphorer sur «un projet innovant». Il devra aussi gérer l'annonce concomitante de sa nouvelle candidature et sa montée en puissance au PS, dont le congrès se tiendra juste après les municipales. Une ambition que la droite ne manquera pas de dénoncer.