Claude Allègre qualifie François Hollande de "magouilleur"
[2007-08-30 09:28]
PARIS (Reuters) - L'ancien ministre socialiste de l'Education Claude Allègre considère que le premier secrétaire du PS François Hollande, qu'il qualifie de "magouilleur", est le principal responsable des défaites électorales et du désarroi dans son parti.
Pour lui, le premier secrétaire a joué un jeu funeste en laissant se multiplier les candidatures à l'Elysée au PS dans l'espoir qu'on vienne finalement le chercher pour être le champion du parti.
"Il est le responsable principal de toute cette pagaille. Il a joué au plus fin avec tout le monde et il a perdu (...) Il pensait que plus le marigot était rempli de crocodiles, plus il avait de chances. Il a foutu un bordel noir", dit-il dans un entretien à Libération, après la sortie de son livre intitulé "La défaite en chantant".
Sur RTL, il a utilisé le terme de "magouilleur" et comparé François Hollande à Guy Mollet, dirigeant socialiste des années 50 champion des luttes d'appareil et honni à gauche pour avoir le premier envoyé des appelés du contingent en Algérie.
"Il a mis ce parti par terre, donc je pense qu'il a une responsabilité énorme", a-t-il dit. Le parti a eu le tort de se priver des experts et de ne pas suffisamment travailler sur les dossiers, juge-t-il.
Claude Allègre brocarde aussi, comme il l'a fait depuis le début de la campagne présidentielle, Ségolène Royal, qui, selon lui, est dynamique mais n'a pas d'idées: "elle ne s'intéresse pas aux dossiers, uniquement à son promotion."
Il fustige par ailleurs les quadragénaires du PS, rassemblés autour d'Arnaud Montebourg et Manuel Valls, qu'il nomme dans son livre les "jeunes chacals et les jeunes hyènes". "Ils n'ont pas la moindre idée, il n'y a rien, le vide. La rénovation du PS, ce n'est pas eux", dit-il à Libération.
Pour Claude Allègre, le PS est dans la situation du parti conservateur anglais quand les travaillistes ont pris le pouvoir en 1997: "la rénovation prendra 10 ou 15 ans".
L'ancien ministre annonce qu'il ne reprendra pas sa carte du PS en janvier, après 34 ans de militantisme. Dans Libération, il dit être "séduit" par Nicolas Sarkozy et n'exclut pas de profiter de l'ouverture: "l'avenir n'est écrit nulle part".
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