Très honorée" de sa nomination, la secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville Fadela Amara a assuré mardi qu'elle aurait "une marge de manoeuvre et une liberté de ton" dans sa mission. "Je suis vécue à droite comme à gauche comme une sorte de poil à gratter, une femme honnête, franche qui ne met pas sa langue dans sa poche", a-t-elle expliqué sur France-Info. "Je pense que Nicolas Sarkozy respecte ça".
"Nous avons toujours eu, quand il était ministre de l'Intérieur, des rapports extrêmement honnêtes et francs. Il me respectera dans ce que je suis, dans le combat que je mène et dans ce que j'ai envie de faire", a ajouté la fondatrice de "Ni Putes, Ni Soumises". "Je n'aurais pas accepté si je n'avais pas eu une marge de manoeuvre et une liberté de ton".
"Très contente et très honorée de rentrer dans le gouvernement à ce poste précis", Fadela Amara "souhaite peser de tout (s)on poids et de toute (s)a force de conviction pour transformer les quartiers, pour que les gens puissent vivre tranquillement et sereinement, sentent qu'ils appartiennent à une communauté et qu'ils épousent les valeurs de la République".
La priorité sera de traiter la question des banlieues "dans sa globalité" avec "la question du logement et la lutte contre le chômage" en particulier celui des jeunes", a-t-elle ajouté. "Dans les cités, c'est maintenant que cela se joue, qu'il faut changer la situation". "A partir du moment où on apporte des réponses concrètes, vous allez voir que cela va changer très vite", a-t-elle ajouté.
Quant à sa ministre de tutelle Christine Boutin, Fadela Amara a assuré que "cela va bien se passer" avec "une personne qu'elle a déjà rencontrée, qui a beaucoup de coeur". "On va s'entendre sur beaucoup de choses, notamment sur la question de vouloir transformer les quartiers".
Interrogée sur la proposition de Nicolas Sarkozy de nettoyer au Kärcher certains quartiers, Fadela Amara a jugé que "c'est de l'histoire ancienne". Toutefois, elle a prévenu qu'elle n'a "pas oublié la révolte urbaine de 2005".
Quant aux éventuelles critiques sur son entrée au gouvernement, cette militante qui "n'a jamais eu de mandat politique officiel (...) "ne le vivrai pas mal".