Hier 6 septembre je poussais péniblement ma "bétaillère" dans le trafic, rue du Ladhof, avec l'étrange sentiment d'être "zieuté" par les fliquettes à queue de cheval qui me faisaient une haie d'honneur de plus en plus dense à mesure que je m'approchai de ma destination, la déchetterie du Ladhof.
J'étais pas peu fier de cette escorte officielle qui devint un attroupement lorsque j'arrivai à la déchetterie, où je me sentis de plus en plus observé lorsque je poussai ma "bétaillère" sur la plate-forme.
Le préposé du lieu, hilare, plaisantait avec une greluche et regardait d'un air interessé l'attroupement de l'autre côté de la rue chez Liebher. Intrigué je lui demandai ce qui se passait et il m'informa que le Président était en face, puis il sortit une bêtise à la greluche qui se tortillait. Moi je commençai à balancer mes déchets de jardin dans le conteneur, tout en observant l'autre côté de la rue. C'est alors qu'à toute allure le cortège présidentiel a débouché et c'était fini.
Je suis reparti avec ma "bétaillère", et comme j'avais envie de pisser, je suis allé me soulager un peu plus loin dans la verdure, tout en me demandant ce que faisait le Président dans son escorte en pareil cas. Franchement je le plaignis de faire un métier pareil, mais à chacun sont truc, ça lui plaît et c'est tant mieux, car il en faut pour faire ce boulot. Tout come le Gilbert et l'Eric.
Ces deux-là je les ai revus à la télé au journal de 2o heures et c'était quasi touchant. L'Eric était à la droite du Père et le Gilbert à sa gauche. Le tout avec en toile de fond les cadres et les ouvriers de chez Liebher, de la vraie et de la belle mise en scène. On aurait dit Bush au milieu de ses Gis aux jours triomphants de l'invasion de l'Irak. Mais attention, l'Alsace n'est pas l'Irak et nous les alsaciens nous ne sommes pas des chiites, même pas des corses. Vous imaginez un alsacien poser une bombe parce qu'il en a marre d'être pris pour un cochon de payant ? Quand il pète l'alsacien se fait peur, c'est bien connu. Ah comme ils étaient gentils et sages notre Gilbert et son alter Eric de l'autre côté du Président, bref un tableau biblique et idyllique de notre Clochemerle colmarien.
Et pourtant y en a qui sont pas contents que je vous dis ! Toujours au volant de ma "bétaillère' je suis tombé sur une bande d'excités qui dansaient la farandole autour de la Gilberte du rond point. Vous savez celle qui éclaire Colmar et le reste du monde. Ils manifestaient contre la politique du pouvoir parisien envers l'Alsace. Et ils avaient bien raison de le faire, mais ça c'est une autre histoire et là je redeviens sérieux.
Pour défendre l'Alsace et sa particularité il ne suffit pas de manifester entre petits copains associatifs et autres, et uniquement de gauche. Il faut au contraire un mouvement populaire alsacien ouvert et dépassant les clivages de la droite et de la gauche.La survie de notre région est à ce prix, car sans sursaut populaire, l'Alsace ne sera bientôt plus qu'un souvenir historique et une réserve d'indiens.