44 - LA MARNE EN CARTES POSTALES (2)
Cette note est la suite de ma note 40.
MINAUCOURT et MONTIGNY-SUR-VESLES


S'il y eut des éditeurs pour aller photographier, s'il y eut des magasins pour distribuer les rectangles imprimés, s'il y eut des individus pour les acheter et les envoyer à leurs amis et connaissances, c'est que le sens de tout cela ne faisait aucun doute. Il y avait à l'époque (année 1920-1940) une sorte d'unanimité autour de ces témoignages de la tuerie. La pierre n'était pas encore noircie par le temps, les angles étaient vifs, tout était évident et neuf.
MONTMIRAIL et ORBAIS L'ABBAYE


On peut, maintenant, s'interroger sur la raison d'être d'un tourisme sur les anciennes zones de guerre. On peut aussi se demander si d'autres départements n'ont pas connu semblable engouement. Peut-être, après tout, le zèle mémoriel d'un habitant de la Marne, collectionneur de surcroît, a-t-il suffi à diffuser toutes ces images sur l'internet.
PLEURS et REIMS


Toujours est-il que je n'ai eu que l'embarras du choix : je me suis même demandé si je n'allais pas me contenter des 11 cartes postales en couleur. J'ai tout de même renoncé à procéder d'une manière aussi arbitraire.
REIMS et SAINT-THIERRY


Les légendes qu'on a fait figurer en haut ou en bas de ces cartes postales ne sont, bien sûr, pas innombrables, mais leurs variations signifient peut-être quelque chose.
SEZANNE et SAINT-MARTIN-D'ABLOIS


Les plus simples et les plus expéditives sont celles qui montrent le lieu sans désigner le monument (Â Place de l'Eglise , par exemple). Les plus, je dirai, imprégnées , sont celles qui mentionnent LE MONUMENT , puisqu'alors, il n'y a aucune ambiguïté possible. Parfois, l'article défini manque, ce qui renvoie, me semble-t-il, dans l'indéterminé.
SUIPPES et VIENNE-LE-CHATEAU


Le reste du temps, on compose. Ici, on mentionne l'adresse du lieu : Square Capitaine Paris ou une date : inauguré le 13 mai 1923 . Là , on développe : Elevé aux enfants du pays morts pour la Patrie (guerre 1914-1918) , ou bien : érigé à la mémoire des Héros . Ailleurs, on lit : Monument commémoratif , ou : Le Monument du Souvenir , ou encore cette expression touchante : Aux Morts connus et inconnus .
VILLE-EN-TARDENOIS et VILLE-DOMMANGE


Deux localités méritent une mention particulière. SAINTE-MENEHOULD,
d'abord, qui a choisi le bronze pour remercier le poilu en sentinelle inébranlable, mais aussi le chien, qui monte fidèlement la garde à son côté : Sa devise : Nul ne s'y frotte .
REIMS a, par ailleurs, seul en l'état actuel de mes connaissances, élevé un monuments aux troupes de l'Empire Français qui ont participé aux hostilités : Monument aux Héros de l'Armée Noire . Son existence à elle seule mérite le respect. 
Post Scriptum : je cherche tous les documents, sources, témoignages, capables de renseigner sur les FRATERNISATIONS entre bidasses français et bidasses allemands dans les tranchées (parfois proches au point qu'ils auraient pu se serrer la main), pendant la guerre 14-18.