Rama Yade a été discrètement convoquée par François Fillon, suite à son ahurissante visite de soutien aux squatteurs d'Aubervilliers. Selon l'entourage du Premier ministre cité par l'AFP, Fillon voulait comprendre les raisons de ce déplacement, et il a fait savoir à la secrétaire d'Etat qu'à l'avenir ce type de démarche devrait faire l'objet d'une concertation avec ses collègues du gouvernement .
Ce matin, Rama Yade était sur Europe 1. Elle a expliqué qu'elle voulait absolument faire passer ce message qui était qu'en matière de logement l'extrême de gauche n'a pas de leçon à nous donner ... Ce qui s'est passé à Aubervilliers montre que ce camp supposé du bien n'a vraiment aucune leçon à nous donner. Et pour l'avenir c'est un enseignement utile, une clarification nécessaire. Demain, ils ne pourront pas défiler dans les squats en expliquant que nous on est méchant et que eux sont gentils puisqu'ils font la même chose. (En clair : la municipalité communiste d'Aubervilliers devra se taire parce qu'elle fait la même chose que les municipalités de droite. Autrement dit tout le monde est méchant...)
Et d'ajouter : François Fillon a tout à fait compris le fond de ma pensée. Il a surtout expliqué qu'en matière de cohérence gouvernementale il faut en parler entre nous avant. Sic. Le Premier ministre a donc compris qu'elle avait fait une clarification nécessaire . Si les mots ont un sens, cela veut dire que Fillon a jugé que la visite de soutien de Rama Yade aux squatteurs était nécessaire et clarifiait le débat, mais qu'elle aurait dû le prévenir.
Si François Fillon veut garder le semblant d'autorité qu'il vient de montrer, il lui reste à démentir cette interprétation évidemment mensongère. Ou à nous expliquer comment le Premier ministre considère comme une clarification nécessaire le fait pour un ministre de contester une décision de justice et de soutenir des personnes dont le comportement est doublement illégal.
Quant à ces nouveaux protégés de Rama Yade, ils avaient commencé à reconstituer leur campement dès le départ de la police. Dans la soirée, les policiers sont venus, sous les huées des militants du DAL, enlever la bâche qui avait été installée, puis ont quitté le quartier. Les squatteurs sont restés.