Je me souvient de son regard, les mains posées sur son bureau... Il ma regardait et ma dit "2 ans", j'ai frappé du poing et ne l'ai pas laissé finir... Je me suis barré, j'ai fuis... Et dans ma tête ça résonnait "il me reste 2 ans à survivre et à avoir mal..." J'ai appelé ma mère et lui est balancé ça au téléphonecomme si ça n'avait plus d'importance... Elle a débarquée quelques minutes plus tard chez moi et là j'ai explosé, j'hurlais, j'ai même mis un coup de poing dans le mur (oui merci pas de dégât il va bien moi moins un pouce cassé...) et je suis tombé dans les bras de ma pauvre mère, en lui susurrant à l'oreille que c'était foutu, et que ça ne servais plus à rien, que je préférais crever maintenant que de subir ça encore 2 ans... Du coup j'ai picolé (ah ça oui !!! Ivre mort que j'étais... Je ne sais même pas comment je suis rentré). Les mots glissent à présent sous mes doigts et l'écran en est tout barbouillé. J'échoue à formuler ce dont je voulais vous parler. Mais l'écriture automatique a du bon, parfois. Lorsque vous serez vides comme je le suis aujourd'hui (et certains qui se reconnaîtront le sont déjà pas mal...), vous verrez venir la période de repos forcé, de glandouille improductive comme un mirage, c'est certain. Je coupe tout autour de moi pour réussir à m'en dépêtrer, je taille à vif, je fuis, oui, ces gens que j'aime et qui ne peuvent rien pour moi. J'ai envie de me retrouver seul avec moi-même, enfin, d'arrêter les machines et la musique étourdissante. Je ne sais plus qui je suis, j'ai mal qu'on m'aime ainsi pire que l'on ne m'aime pas, et pourtant je suis touché que certains se soucient de moi. Ne pouvant m'empêcher de couler, ils me confient de la tendresse à emmener au fond - j'en fais des réserves, je sais comme il fait froid lorsqu'on est nu dans l'espace de notre âme, et comme il est dur de ressortir du gouffre de la douleur et de l'auto-apitoiement. Je vais aller au fond, tenter de retrouver mon essence, et repositionner autour ce qui doit l'être, faire le bilan de mes expériences récentes, en garder le meilleur comme toujours et laisser glisser ce qui fait mal, ce qui est fini, ce qui est devenu inutile. Renoncer aux colères refroidies, aux peurs découvertes, à la tristesse. Traverser une phase de mélancolie douce, sans doute - tant de souvenirs à emballer précieusement avant de les ranger au fond d'une boîte. Pleurer encore, et donner dans ces larmes ce que je n'ai pas su dire, pas osé faire. Puis libre de remords, de regrets, libre et fort de mon passé, envisager l'avenir et dénouer dans ses fils chatoyants la route qui me convient. Ensuite, me reformer dans ce but, réunir mon courage, ma force, mes désirs.Prendre le temps de souffler. Et enfin, revenir au monde, encore une fois - tant de naissances déjà, à chaque métamorphose. Je serai moi, rien de plus, la transcendance n'est pas pour cette fois - ni jamais, j'espère. Mais je serai entier, éveillé, prêt à être émerveillé avec mes nouveaux yeux d'enfant. Prêt à ressentir de nouvelles émotions, quitte à en souffrir.
Pendant ce temps, des fées oublient de se pencher sur certains berceaux...