Actualité des Blogs Perso  
   
 
Menu Principal
Accueil
Contact
Publicité


Publicité


 
 
 Recherche
Google
 
 


 
 
Les derniers billets du Monde des Blogs


Autour de La Source pérenne

La revue Eléments (été 2007, http://www.labyrinthe.fr) publie une version partielle de mon entretien avec le critique littéraire Fr. Guchemand. En voici le texte complet.

Dans La Source pérenne, que vient de publier L'Age d'Homme, on retrouve, enrichis d'autres textes, des articles qui figuraient dans Parcours païen (L'Age d'Homme, 2000). Est-ce à dire que la démarche qui préside à votre dernier ouvrage participe d'un retour rituel, sept ans après la pose d'un premier jalon important? Plus largement, d'après votre vision cycliquedu temps, votre pensée est-elle, selon vous, susceptible d'évoluer encore?

Epuisé depuis plusieurs années, Parcours païen faisait l'objet de demandes pressantes. Mon éditeur et néanmoins ami, Vladimir Dimitrijevi?, m'a demandé de retravailler l'ouvrage en profondeur pour proposer un nouveau titre. J'ai donc relu ce livre avec sept ans de recul et je l'ai enrichi de textes parus ici ou là. Surtout, l'intervalle "rituel" - coïncidence en effet curieuse - m'a permis d'approfondir ma démarche, aujourd'hui moins polémique qu'à l'époque (1993-2001) où je m'occupais d'une revue de combat, Antaios.

Quant à ce que vous appelez ma pensée, diables, je ne dirais pas qu'elle "évolue", pour la simple et bonne raison que je me sens davantage pensé que pensant et surtout, que ces idées sur le paganisme me trottent dans la tête depuis l'adolescence. Je ne crois pas que, sur l'essentiel, notre pensée évolue, mais plutôt qu'elle se déploie et s'exprime avec plus de clarté. Il s'agit plutôt d'approfondir l'énigme du monde, "d'accueillir le réel" pour citer Marcel Conche, un penseur encore trop méconnu.

Le paganisme se vit au quotidien; il peut s'exprimer de mille façons: par la musique ou l'écriture, par les histoires que l'on raconte aux enfants ou par un geste posé en un moment donné (l'adieu à une personne chère, un feu dans la nuit,?). Dans mon cas, puisque je ne suis ni peintre ni musicien mais homme de l'écrit, ma tâche consiste à verbaliser le mieux possible des intuitions en germe chez moi depuis toujours. Une chose est d'accumuler des références, tel l'écureuil et ses noisettes dans son arbre creux. Plus difficile est la connaissance de soi et du monde, qui seule fonde un discours audible sur le divin.

Pouvez-vous nous expliquer plus précisément les circonstances dans lesquelles s'est passée votre reprise du flambeau de la revue d'histoire des religions Antaios, initialement fondée par Ernst Jünger et Mircea Eliade ?

J'ai été fasciné par le mythe d'Antée dès ma première lecture de ce dernier, à l'âge de dix ans, dans un livre illustré. L'image tirée de ce livre est d'ailleurs encore présente à mon esprit. En mars 1982, j'ai déniché à une vente publique un volume d'Antaios, première du nom (Editions Klett, 1959-1971). L'élégance de ces livres allemands, reliés et à l'impeccable typographie, m'avait frappé autant que la haute tenue des textes: Corbin, Cioran, Nelli, Borges,? Au même moment, j'étudiais en franc-tireur l'?uvre de Jünger et d'Eliade, deux auteurs pratiqués en lieu et place des "syllabus" (belgicisme pour "cours polycopiés") de mon Alma Mater (où Eliade est aujourd'hui mal vu, car "dangereux"). J'avais immédiatement compris l'importance de leur démarche, fondée sur un refus sans concession du nihilisme. Ainsi, lorsque j'ai lancé, avec des moyens dérisoires, la revue sur le paganisme que je ne trouvais nulle part, j'ai tout naturellement choisi Antaios. Eliade étant mort depuis plusieurs années, c'est Jünger qui m'a répondu en me disant que la résurrection d'Antaios le réjouissait et qu'il me souhaitait bonne chance. Quelques mois plus tard, Jünger écrivait à une connaissance qu'il lisait la revue "avec plaisir et approbation". Dans d'autres courriers, rédigés d'une main étonnamment ferme, il m'a encouragé à mener des recherches sur Friedrich Hielscher ainsi que sur son frère, Friedrich Georg, dont l'influence sur lui est encore minorée. Il parle de la revue dans le dernier volume de son Journal, où je figure non loin de D. Venner: "Merci pour Antaios 3. Le numéro, une fois de plus, est excellent. Espérons qu'il y aura encore beaucoup d'autres livraisons".

Vous vous référez souvent à l'Inde, Terre des Dieux où vous avez d'ailleurs séjourné. Comment envisagez-vous le fait que ce pays compte désormais parmi les émergents qui risquent de se voir gagnés par les dérives du capitalisme sauvage et de la modernité triomphante, voire d'en devenir un nouveau paradigme ?

Vaste problème, mon général! Le cas de l'Inde peut se comparer à celui du Japon. Ces deux civilisations traditionnelles (et polythéistes) sont soumises aux assauts du système techno-marchand. On y voit émerger une bourgeoisie aussi hideuse que la nôtre. Mon plus vif souhait est bien sûr qu'elles résistent à cette menace et qu'elles évitent la tabula rasa que nous avons subie, cette rupture d'avec l'ordre traditionnel. Remarquons toutefois que, d'une part Sa Majesté Impériale Michiko du Japon compose des poèmes raffinés dans la plus pure tradition lettrée, et que de l'autre les sanctuaires tant shintoïstes que shivaïtes demeurent des lieux de prière et de pèlerinage, alors que nos églises, hélas, rassemblent davantage de touristes que de fidèles. En Inde, j'ai rencontré des Brahmanes plongés dans la vie active de ce pays et parfaitement conscients des risques encourus par leur héritage ancestral. Prenez aussi le cinéma chinois : tout un imaginaire traditionnel y est magnifié avec un sens parfois remarquable de l'esthétique. Ces pays émergents visent la puissance, ce qui est de bonne guerre, mais sans ces remords (tardifs) et cette haine de soi qui nous forcent à une repentance morbide, corollaire probable de notre arrogance de naguère.

Y a-t-il des endroits (des lieux, des villes, etc.) où il vous paraît impossible de vous sentir païen ? Lorsque vous évoquez qu'il vous est arrivé de saluer Sol Invictus du haut du Parlement européen de Bruxelles, ne faites-vous pas tout simplement profession de foi d'un archéofuturisme typiquement postmoderne ? Plus généralement, de quels aspects de la modernité un réactionnaire tel que vous s'accommode-t-il le plus aisément ? Et quels sont les aspects que vous en rejetez radicalement ?

Héraclite disait il y a vingt-cinq siècles que tout est plein de Dieu(x). Y compris le métro parisien (station Odéon), y compris les décharges publiques "de notre merveilleuse civilisation occidentale", pour citer Hergé dans Le Lotus bleu. Le genius loci peut être éveillé par l'homme dont le regard n'est pas mutilé, dont le coeur a gardé une fraîcheur d'enfant. Il ne s'agit pas d'une vision extérieure, dictée d'en-haut par je ne sais quel Sauveur jaloux. Plus généralement, le paganisme n'est ni une doctrine, ni une idéologie cantonnée à une chapelle et encore moins une jonglerie de concepts. Parlons plutôt de poétique, de vision du monde, en insistant alors sur le mot vision: une vision mythique qui ne se scinde pas. Quelle absurdité de se sentir païen au Luxembourg, mais pas rue du Temple! Même la plus crasseuse ruelle d'une mégapole en folie peut incarner un aspect du divin, les Enfers par exemple.

En saluant le Soleil du dernier étage du Parlement européen, je ne jouais pas "tout simplement" à l'archéofuturiste - un bel oxymore, soit dit en passant. Je manifestais un moment privilégié de communion entre le corps, l'âme, l'esprit et l'univers ; je rendais grâce, en toute simplicité, à un symbole salué jadis par nos ancêtres, le Sol Invictus des légions romaines, l'Apollon delphien, le Bélénos gaulois,? Surtout, au-delà d'une "croyance" (je ne crois pas un seul instant que le Soleil soit Dieu: il est de Dieu), je goûtais la quintessence de la joie tragique: un jour, ce Soleil, je ne pourrai plus l'honorer ni le voir, ni sentir ses rayons sur ma peau. Chaque salut - chaque baiser - est un instant de gagné sur le malheur, qui s'avance de façon irrépressible.

Si dans La Source pérenne j'avoue éprouver de la tendresse pour divers réactionnaires, de Dioclétien aux Pikkendorff du cher Jean Raspail, je ne me définis pas explicitement comme tel? même si, quasi quotidiennement, je suis bien obligé de me reconnaître en "celui qui réagit" au milieu d'un monde à l'effarante docilité, le monde pseudo-libertaire d'Homo festivus (Muray, qui nous manque déjà), celui fustigé avec talent par un autre esprit libre, Jean Clair : "Dans un temps où tout se détruit, le beau nom de "conservateur". Voire: dans un temps où tout furieux court à la ruine, le fier nom de "réactionnaire"."Va pour conservateur, du latin servare: être attentif, préserver ; et au sens anglo-saxon: "in order to preserve" (Burke). Etre conservateur, c'est avoir une conscience aiguë, globale, de la fragilité des équilibres. Nous savons certes que la vie est aussi faite de dissonances (l'immobilité étant la mort), mais ces points d'équilibre obtenus au prix d'expériences séculaires (en clair : du sang et des larmes) ne peuvent être bousculés sans réflexion, par manie du changement. Le conservateur est empirique (et donc allergique aux utopies en tant que maladies de l'intelligence), modeste (car conscient de n'incarner que le maillon d'une chaîne) et sans illusion sur un hypothétique salut. Il y a à mon sens une poésie, un profond sens du tragique chez tout conservateur authentique. Nicolas Gomez Davila, dont vous avez parlé dans Eléments, dit des choses essentielles sur cette posture.

S'accommoder de la modernité? Mais avons-nous le choix? La disparition des famines, les progrès de la médecine malgré sa commercialisation galopante, la relative protection des plus faibles, un confort minimal accessible au grand nombre (ceux qui ont voyagé dans le Tiers Monde comprendront ce que j'entends par confort , de même que ceux dont les grands-parents ont eu faim), tout cela je vois mal comment ne pas l'accepter sans passer pour un inconscient.En revanche, l'omniprésence de la technique et l'obsession du profit à court terme, qui modifient à grande vitesse notre mode de vie de même que les relations humaines, me font horreur au même titre que le nivellement par le bas (pléonasme), l'amnésie volontaire et la perte générale de repères - cette dernière donnant naissance à des parodies, comme le mariage des invertis ou les carabistouilles "citoyennes". Nous sommes plongés dans une basse époque, l'Age sombre, caractérisée par une débauche de moyens matériels alliée à une effrayante misère spirituelle, l'absence de sens. Ce nihilisme me révoltait déjà adolescent, mais avec le triomphe sans partage du système techno-marchand et l'accélération du processus d'implosion qui a suivi, mon dégoût parvient aujourd'hui à son zénith. L'ancien monde des ouvriers, des paysans et des instituteurs disparaît à grande vitesse, laminé par une gentryficationet une prolétarisation sans âme. Pourtant, tel est notre destin, et nous devons l'accepter, en vrais stoïciens. Amor fati.

Même si vous vous situez dans une perspective en amont des idéologies et des nationalismes, vos références contemporaines sont plutôt à chercher du côté de la droite, tant buissonnière (Gabriel Matzneff) qu'aventurière (Jean Mabire)...

Vous avez raison de me situer en amont, position qui convient le mieux à un aristo-païen (dans les faits, prolétarisé). Patriote plutôt que nationaliste, je suis favorable à la double médiation royale et impériale. L'esprit de parti, le réflexe militant ("il est de chez nous", etc.) me sont étrangers. Monarchiste belge et européen, je verrais bien sur le trône impérial un membre des Habsbourgs, seule légitimité dans nos régions depuis la Translatio Imperii ad Germanos.

Je ne me livrerai pas au jeu futile gauche-droite, marchons au pas . Je préfère me définir au sens large (et à condition de ne pas en faire un parti!) comme impérial-conservateur? tout en gardant à l'esprit que le regretté Jean Mabire, collaborateur plus qu'original d'Eléments pendant un quart de siècle, n'a jamais caché sa sensibilité socialisante et ce dès les années 60 et que Gabriel Matzneff demeure un pur libertaire. Le progressisme dogmatique, que Clément Rosset définit parfaitement comme "la revendication criarde contre les faits au nom de principes moraux", ne m'a jamais tenté: idéologie de paresseux par ailleurs contredite par la réalité, il n'est guère fécond en art et catastrophique en politique. Eléments, que je lis depuis 1981, parle avec une grande sympathie d'auteurs chers à mon coeur: Jacques Laurent, Dominique de Roux, Michel Mourlet, David Mata, l'étonnant Louis Védrines, découvert grâce à Michel Marmin, tant d'autres encore. Tous ces écrivains ont en commun de ne pas appartenir à la gauche idéologique, cette gauche puritaine qui a colonisé les médias, l'université et qui ostracise les libertins. Leur fidélité à une posture antimoderne, c'est-à-dire rebelle aux idéologies mécanistes et réductrices, doit être saluée. Toutefois, pas d'illusion : à droite aussi on trouve des sacristains et des pharisiens, pour qui, par exemple, un païen est un paganiste qui adore des idoles , etc. La bêtise et la bassesse ne sont l'apanage d'aucune chapelle.

Le paganisme n'est ni de gauche ni de droite, mais compte des adeptes parmi tous les types de sensibilité. La mienne est aristocratique sans complexe; elle est propre à ce que j'appellerais l'Europe secrète, continent submergé, mais qui ne se soumet pas à l'imposture.

Je suis donc attaché au principe hiérarchique (du grec hiéros, sacré et archè, principe ), omniprésent dans les mythologies, notamment indo-européennes. Tout panthéon illustre à sa manière la complexité des jeux de pouvoir, par le truchement entre autres du schème de la parenté. Un paganisme purement anarchique (alpha privatif et archè : littéralement dépourvu de principes ) me paraît inconséquent. Quand je lis certains néo-païens de type confusionniste, je ne me reconnais pas dans leur salmigondis new age, religion à la carte sans cohérence ni exigence? et qui, de façon révélatrice, nie le tragique. Le voilà le vrai blasphème : la négation du tragique au profit d'abstractions moralisatrices (le Péché, le Progrès, la Race,?) qui viennent justifier les pires infamies.

Mon paganisme est celui d'un homme enraciné dans un lieu et une histoire : un citoyen européen des années 2000. Cette posture relève d'une voie sévère, helléno-romaine, celle suivie jadis par Caton, Sénèque ou Marc Aurèle. Et politique au sens noble : le paganisme des Européens d'aujourd'hui doit englober les trois fonctions de notre théologie millénaire (oratores, bellatores, laboratores). Avant tout poétique et cosmique, il est aussi civique : une volonté de maintenir, enrichir et transmettre un héritage spirituel, culturel et, désolé pour le gros mot, ethnique. Le reste relève de la parodie. Le païen qui n'est pas aussi un hoplite n'est qu'un jean-foutre.

Vous qui semblez prêter peu de foi à l'idée d'un désenchantement total du monde , ne pensez-vous pas que le paganisme soit indissociable d'une réflexion sur ce qui préserve au mieux son mystère et son énergie primordiale, à savoir la Nature ? Le paganisme peut-il ou doit-il être un Écologisme ? Dans quelle mesure en tout cas le pouvoir de création et d'auto-création de l'individu, dimension si je ne me trompe cruciale du paganisme, n'est-il pas contradictoire avec l'aspiration au respect de la Nature ? Ne peut-on même y déceler les germes de l'autodestruction de l'homme ?

Pour continuer sur la lancée de la précédente question, oui, le paganisme en tant que vision organique ne peut déboucher que sur une volonté de préserver et de laisser un environnement vivable à nos descendants. Entendons-nous sur le mot écologie : je prends ce vocable au sens scientifique et non pas sentimental. Et, ne croyant pas plus au "tout ira mieux demain" qu'au "tout était merveilleux avant-hier", j'inclus la dimension tragique, celle de l?Homo sapiens, un prédateur qui détruit pour créer, à l'instar de Shiva ou d'Apollon Archer. Respect ne signifie pas idolâtrie infantile d'une nature idéalisée, celle du Bon Sauvage et des huiles essentielles. Un païen ne peut être qu'allergique au gaspillage insensé de notre Occident, à son prométhéisme aussi borné qu'intéressé, à sa criminelle irresponsabilité. Cela dit, lisez bien l'Ancien Testament et vous trouverez des justifications théologiques au saccage des bosquets et des forêts, à l'élimination des tribus non élues.

L'une de vos références majeures en poésie non française est Yeats. Goûtez-vous également la poésie païenne de Fernando Pessoa ou de certains de ses hétéronymes? Quels sont les autres grands poètes contemporains que vous aimez fréquenter ?

Yeats, chantre magnifique de l?indomitable Irishry, est pour moi inséparable d'un lieu enchanteur en Irlande, Thoor Ballylee, près de Galway. Là, dans un donjon normand, Yeats a composé ses plus beaux poèmes. J'y suis allé ainsi que sur sa tombe à Drumcliff, aux pieds du Ben Bulben : sur la dalle, une inscription : Cast a cold eye On life, on death, Horseman, pass by ! Ce qui peut se traduire : Contemple la vie, la mort d'un ?il froid, Cavalier, passe ton chemin ! . Dans le genre homérique, qui dit mieux ?

Je connais mal Pessoa : je n'ai lu que quelques textes au mysticisme échevelé sur le retour des Dieux et le paganisme portugais. En général, je fais mon miel des inspirés, d'Homère à Nerval, d'Hölderlin à Lucrèce, sans souci de la chronologie. Peu de goût pour l'actuelle poésie informe. A rebours de ce bavardage subsidié, deux aérolithes, évidemment publiés par L'Age d'Homme : Chaunes et Sylvoisal.

Vous citez également à diverses reprises Paul Morand. Qu'est-ce qui vous rattache à ce personnage ?

Morand n'est pas un personnage, jeune homme ! Mais l'un des grands écrivains du XXème siècle français (dixit Céline). Un maître de style et de maintien. L'auteur de Milady et d'Hécate et ses chiens aura mené une vie "tout en noblesse et en style", pour citer un critique belge. J'avoue que le Morand que je préfère est le nouvelliste, celui d'après-guerre, qui connut le purgatoire de son vivant et le surmonta avec brio. Quelle lucidité ( C'est tout de même une immense tragédie que la disparition de la race blanche , dit-il à J.-J. Marchand), quelle langue souple et pleine d'invention, ces ellipses ! Et quelle élégance, ces costumes ! Un parfait représentant de la Vieille Europe, un insurgé contre la chiennerie moderne, un aristocrate au sens noble, c'est-à-dire qui assume sa singularité sans faillir. Si quelqu'un fonde une association des amis de Morand, j'en suis !

Vous évoquez, dans un très beau passage sur votre enfance, la lecture de ce livre pour la jeunesse, Vers le Nord mystérieux, qui a installé dans votre conscience un Pôle qui n'appartient qu'à vous . Pourrait-on dire que votre paganisme participe d'une même construction très intime, intérieure, difficilement partageable ? Dans ce sens, vous qui avez trouvé en Alain Daniélou et d'autres, quelques maîtres à penser et à être, vous sentez-vous l'âme d'un passeur ?

En effet, mon paganisme n'étant pas une doctrine, mais bien la religion éternelle du sang, du sol et de l'esprit (gardez, je vous prie, ces trois termes ensemble), il comporte donc une part intime, ressentie, à redécouvrir par chacun. Il s'agit bien d'une quête à la fois solitaire et solidaire. Je me vois mal en chef d'école : quel ennui, ces gens béats qui vous demandent sur quel pied danser. Qui acquiescent en psalmodiant des amen énamourés.

Eveilleur ? J'aime l'image : si mes livres poussent quelques-uns à voir le monde de façon plus autonome et plus intense, mon labeur n'aura pas été vain.

Bruxelles, Beltaine 2007


Source : hautetfort.com
Clic pour lire la suite sur le billet Autour de La Source pérenne


Autres Articles à lire sur les Blogs :
Plaisir hautetfort.com
Insititutions : Faut-il supprimer le poste de Premier Ministre ? hautetfort.com
lionesque et dvd hautetfort.com
Chroniques d'une dépression ordinaire (IV) - En reconquête hautetfort.com
La Russie présente un banquier tchèque contre Strauss Kahn au FMI hautetfort.com
L'actualité des socialistes du 30 juillet hautetfort.com
Une croissance en net recul au second trimestre hautetfort.com
Après le Fest Noz traditionnel de Restidiou Bihan, Fest Deiz à l'autre rive le 12 Août 2007 hautetfort.com
Dans les parages (aux environs hautetfort.com
Ne vous inquiétez de rien ! hautetfort.com
Sale Blanche , ce n'est pas raciste ! hautetfort.com
Proverbes brésiliens hautetfort.com
108 - Rectificatif hautetfort.com
Vacances Présidentielles hautetfort.com
Salubrité hautetfort.com
Vesp'absolutely fabulous (le gulf gt 40 de Mr drone hautetfort.com
Foot féminin hautetfort.com
On m'a tagué , oui, encore ! hautetfort.com

 
Gagnez des Chéques !

Et des Cadeaux sur LesGagnants.com, des milliers d'Euros à distribuer, tentez votre chance dès maintenant !

Venez gagner des milliers d'Euros !

 
Logo & Sonnerie Portable

Magik-Mobile.net : le plus gros catalogue de sonneries et logos pour votre mobile. Plus de 30 000 références à télécharger !

Logo Sonnerie pour ton Portable

 

  Design by Zak - Copyright www.dizajn.biz