Il pleut des songes sur la ville endormie. Les rêves s'allongent au fur et à mesure que le musicien fait pleurer son violon. Le coeur des cathédrales ronronne, la nef s'éteind, le monde est chez soi, le monde dort. shhhhhh....
Mais, réveillée par les ronflements des moteurs citadins, fumants et insomniaques, se réveille la Plume sous l'oreiller du poête. La plume s'émeut du silence berçant la ville. Elle réveille le poête, qui déjà, sent ses doigts se remplir d'une force incroyable.
Le poête rêve d'être peintre, le peintre rêve d'être musicien, le musicien d'être chanteur, le chanteur d'être poête.
Le poête et la plume entament ce tango voluptueux qui a toujours existé entre eux. Le monde se déguise sur ces pages en un monde Arlequin. Un monde où rien ne meurt, et tout réjouit. Le poête est en transe, la ville toujours assoupie, la Plume fait des courbes le long des Envies.
Il pleut des mots sur la ville assoupie;il pleut des rêves en puissance, des sens en mouvance, des esprits divaguants.
Il pleut du rêve;regardez, il pleut du rêve.
(Morphée récupère en ses bras le poête serein, le plume embrasse les mots et s'endort sur leurs plis.)