L'Etat d'Israë ne fait pas mystère de sa volonté d'attirer le maximum d'émigrants juifs de la diaspora sur son territoire. Il en a un besoin vital, ne serait-ce que pour contrebalancer les effets de la démographie de ses citoyens arabes. Toute une batterie de mesures incitatives a été déployée à cet effet et Ariel Sharon n'avait pas craint en son temps de dramatiser la situation des juifs de France pour les inciter à partir. Certains sautent le pas, on l'a vu, et font leur alya, ou montée vers Israë.
Mais il y a le revers de la médaille, autrement dit le retour à la case départ d'une partie non négligeable de ces émigrants, sans compter le départ d'Israéliens vers d'autres cieux. Une déperdition suffisamment importante pour être devenue un sujet de préoccupation pour le gouvernement.
La vérité, c'est que l'on assiste, malgré les départs fortement médiatisés, comme celui de France la semaine dernière, à un net déclin de l'émigration vers Israë. Pire encore, et ce phénomène est nouveau, alors que Russes et Ukrainiens émigraient en masse il y a un certain nombre d'années, beaucoup de ces Israéliens de fraîche date retournent à présent vivre dans leur ancien pays. Il en va de même pour l'Allemagne.
Plus de 4 000 Israéliens sont ainsi redevenus Allemands en 2006, soit une très nette augmentation par rapport aux années précédentes. Et l'on chiffre à 300 000 le nombre de citoyens de l'Etat hébreu qui pourraient potentiellement suivre cette voie. En renonçant pour cela à la double nationalité, condition mise par l'Allemagne.
Comme si cela ne suffisait pas, l'émigration juive russe a déserté Israë pour aller s'installer, elle aussi, … en Allemagne. Depuis les années 90, on assiste en effet à un véritable exode de cette population, vivement encouragé par le gouvernement allemand au moyen de divers avantages. Résultat : la communauté juive allemande a triplé de volume. Ce qui a occasionné une brouille persistante entre les responsables de cette communauté et le gouvernement israélien qui, furieux d'être frustré de cette masse d'immigrants potentiels, a décidé une contre-attaque.
Israë a ainsi décidé d'étendre les compétences de Nativ, une agence d'émigration initialement créée pour la seule Russie, à l'Allemagne, afin d'essayer d'inverser la tendance et de repêcher, au moyen de cours d'hébreu et de divers programmes incitatifs, les 220 000 juifs russes qui s'y sont installés aux cours des 10 dernières années. Cet élargissement des compétences interviendra dès septembre 2007.
Cette explosion de la communauté juive allemande en raison de l'arrivée massive des Russes est cependant loin de ne faire que des heureux. En témoignent ces propos d'une habitante de Düsseldorf : Â Nous étions 1 200 à Düsseldorf et nous sommes 15 000 maintenant. Les Russes s'intègrent très bien, si bien même que c'est nous, les anciens qui nous trouvons submergés (…) En fait, la plupart ne se sentent pas juifs du tout, ils viennent d'un régime communiste où la religion n'avait pas de place. Beaucoup sont mariés à des Russes non juifs, dont les enfants n'ont aucune idée de la religion, mais ils profitent des privilèges d'immigration. (…) Et en plus, ils sont en majorité et nous attendons pratiquement le moment où ce seront eux qui mèneront la barque, malgré leurs convictions athées .
Je suis sûre que, comme moi, vous n'aurez pas manqué d'apprécier la saveur de cette réaction …. Submergés, profiter des privilèges, eux qui mèneront la barque …. Voyons, voyons, que faites-vous, Madame, de l'enrichissement par les différences, de l'accueil de l'étranger, de la tolérance universelle ? Je me demande vraiment ce qu'en penserait la LICRA…
Source :www.guysen.com