Mais que veut dire Mme Pécresse: pour les classes moyennes ET étudiants méritants à la fois ou pour toutes les classes moyennes (bons étudiants ou pas) et pour tous les méritants (fils de classes aisées aussi) ???
Je suis tout à fait favorable à l'octroi de bourses pour les étudiants de classe moyennes ET méritants, en tant qu'ancien étudiant de premier cycle et en tant qu'enseignant.
1. En tant qu'ancien étudiant: toutes mes années d'études, j'ai dû bosser à coté pour payer mes études sans être boursier (et aussi parce que j'étais un panier percé), car mes parents gagnaient à l'époque un peu trop. Tout ce que j'ai eu, c'est la sécurité sociale et les frais d'inscriptions gratuits un an (ce qui faisait quand même 300 euros environ).
J'ai donc été vendeur dans une boulangerie, ouvrier la nuit, conseiller santé, plongeur et enfin aide de cuisine. Bien sûr cela m'a procuré de nombreuses valeurs. Sauf que je n'avais guère le temps d'étudier, mais j'obtenais quand même des résultats assez bons... Je n'ai jamais redoublé. Je crois que pour les jeunes qui sont aujourd'hui dans ce cas-là, l'Etat pourrait leur accorder 150 euros par mois... Il faut quand même parier sur l'avenir, non ?
Par bonheur, les bourses d'un DEA/DESS (maintenant Mastère 2) tiennent compte de résultats précédents... J'ai donc été boursier à l'échelon maximal, ce qui m'a permit de ne pas travailler pendant un an à côté. Mes résultats ont augmenté de 3 points. Je ne remercierai jamais la collectivité de m'avoir offert cette chance.
2. En tant qu'enseignant: j'ai des étudiants, qui bossent comme des tarés, qui ont mention bien ou très bien... mais qui n'ont droit à rien, parce que leurs parents gagnent un peu trop (je vous évoque des familles à 1500 euros par moi pour un enfant unique, pas les fils de N. Forgeard). Inversement, j'en ai un bon paquet, qui ne sont jamais venus en cours, qui restent 5 min à l'examen et qui touchent pendant 2 ans, 500 euros par mois sauf l'été...
On donne à des rmistes mais rien à des étudiants méritants. D'où la perversité du système: des étudiants de 25 ans et plus demandent le rmi ou gardent l'allocation chômage en masquant leur entrée dans la vie étudiante.
Alors quand j'entends les Bruno Julliard and co, je n'ai qu'une seule chose à dire: les étudiants qui ont envie d'étudier, ne réclament pas un SMIC par mois, ils demandent juste à avoir le temps de travailler et de travailler dans de bonnes conditions, en sachant très bien, qu'ils ne peuvent prétendre à tous les droits d'un salarié.