

Située à mi-distance entre Angers et Saumur, La Ménitré est une commune ligérienne de 1946 habitants. Commune jeune, puisque sa création date de 1824.
Par son festival folklorique, par ses entreprises horticoles et semencières, par son climat tempéré, par la gastronomie de ses restaurants, et par la diversité de ses services, La Ménitré se veut être une terre d'accueil, une commune moderne et une cité fleurie au bord du fleuve majestueux : la Loire.
JEANNE DE LAVAL
Jeanne de Laval épouse René d'Anjou en 1454, un an et demi après la mort d'Isabelle de Lorraine, première femme du roi de Sicile. René tomba littéralement amoureux de Jeanne lors-qu'il la vit pour la première fois à Angers et la tradition veut que ce soit pour elle, ou du moins en son honneur, qu'il composa une de ses plus belles ?uvres, une pastorale intitulée justement "Regnault et Jeanneton". De ce mariage, qui avait été en fait arrangé depuis longtemps par les amis du roi, l'histoire retiendra le profond atta-chement qui lia les deux époux malgré l'importance de leur différence d'âge (24 ans). C'est donc vraisemblablement
pour Jeanne de Laval que le roi René acheta Beaufort comme il avait
construit le manoir de la Ménitré datant du XVè siècle, de son vrai nom "grenier aux rentes". En effet, Jeanne de Laval, par la longueur des séjours qu'elle y fit, paraît avoir été particulière-ment attirée par la Vallée. On sait qu'elle visitait souvent La Ménitré du vivant de René et on a quasi-certitude qu'elle passa son veuvage entier à Beaufort. Après la mort du roi René, en effet, elle se retira dans le château de Beaufort qu'il lui avait assigné en "douaire".
extrait du livre "Le château de Beaufort-en- Vallée" de Arnaud GUITTON
EGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE
HISTORIQUE
Avant la Révolution de 1789, la chapelle du château de la Ménitré était le seul lieu de culte de ce qui n'était alors qu'un hameau. Elle était desservie par un chapelain dépendant de la paroisse des Rosiers mais résidant à la Ménitré. Le 5 juillet 1791, un décret de l'Assemblée Nationale, sanctionné par Louis XVI (le 12 juillet) l'érigea en succursale, mais il faut attendre 1802 pour qu'elle soit définitivement constituée en paroisse en empiétant sur celles des Rosiers, de Saint-Mathurin et de Beaufort.
Le château et la chapelle ayant été vendus comme bien national, les habitants de la paroisse Saint-Jean de la Ménitré se cotisèrent et firent élever sur un terrain qui leur fut donné, une première église aux dimensions modestes (24,37 ni de long sur 8,45 de large). L'administration communale de la Ménitré qui ne fut constituée en commune qu'en 1824, reconnut bientôt l'insuffisance de l'église et la nécessité d'en construire une nouvelle
pour cela elle vendit des prés communaux.
EXTÉRIEUR
Dur
ant la première moitié du XIXè siècle, la vallée de l'Authion et la rive nord de la Loire connurent
une intense activité de construction d'églises néoclassiques. La nouvelle prospérité de cette région, grâce notamment à l'importance du trafic fluvial, y trouvait un moyen d'expression privilégié. La Ménitré en est peut-être le meilleur exemple : elle passa de l'état de hameau à celui de village, organisé selon un plan régulier qui s'articule autour de J'axe formé par l'église et la mairie, situées de part et d'autre d'une vaste place où l'on pouvait voir aussi l'école. Toute la vie publique du village se trouvait ainsi concentrée dans cet espace.
François Villers, architecte départemental, conçut l'église selon des principes palladiens (Palladio était un architecte de Vénétie au XVIè siècle dont l'art influença beaucoup l'architecture européenne) de lisibilité des volumes simples mis en valeur par le décor : l'unique porte en façade, abritée par un petit porche ionique selon la mode italienne, ouvre sur une nef simple. L'importante corniche aux deux tiers de la hauteur des murs indique la naissance des voûtes intérieures. Le fronton interrompu, le bossage de la partie basse du clocher et le lanternon empruntent là encore à ce vocabulaire classicisant ainsi que, dans les transepts, les fenêtres en
demi-cercle qui sont les fameuses fenêtres dites thermales remises à l'honneur par Palladio. Les travaux, commences en 1833, furent achevés en 1837.

INTÉRIEUR
La simplicité du volume intérieur met en valeur quelques éléments contemporains de la construction de l'église, comme les grands autels et retables polychromes latéraux ou les 61 stalles en chêne avec leurs boiseries (dans le ch?ur) qui ont été réalisées par les ateliers de l'école des arts et métiers d'Angers.
Dans les transepts, trois toiles dues à des artistes secondaires, représentent dans un art classique

deux miracles du Christ (la guérison d'un paralytique et celle d'un aveugle) et dans une plus vaste composition, la remise des clefs par le Christ à saint Pierre.
A l'entrée de la nef on installa sur une tribune qui devait être provisoire, un orgue. L'église Saint-Laud d'Angers l'avait commandé en 1842 au facteur d'orgue Hulber de Paris mais dut s'e

n séparer lorsque cette église fut reconstruite dans de vastes dimensions. C'est ainsi que la Ménitré put acquérir ces orgues en 1869, pour la somme de 2 500 f, financée par la municipalité et le curé Trimoreau sur ses fonds propres. L'inauguration, le 18 avril 1869, eut lieu en présence du vicaire général Ménard. En 1898, il fallut entreprendre la restauration de l'orgue qui avait été malmene par des mains inhabiles puis s'était tu pendant plusieurs années. C'est la fabrique qui paya le facteur Debierre de Nantes
pour cette opération, Une nouvelle inauguration eut lieu en 1898 avec le R.P. Legeay, bénédictin de Saint-Maur, aux claviers, au cours d'une messe célébrée par l'abbé Choleau.
Texte rédigé par le service de la CAOA (Conservation des Antiquités et Objets d'Art)