Voici quelques questions que tout être vivant, sur Terre, un jour, se pose.
Question. -- Pouvez-vous nous parler de la souffrance ? Pourquoi sa nécessité ?
Réponse. -- Il me sera difficile de vous faire bien comprendre, à vous, qui ne voyez ni l'avant, ni l'après, êtes condamnés à juger sur des apparences passagères et conditionnelles.
La souffrance est la conséquence de ce fait : Etre .
La création divine provoque une éjaculation monstreuse de germes et de rudiments (ayant en eux une parcelle vibratoire, donc spirituelle, réglée sur le rythme éternel) et qu'elle projette à des distances incalculables du centre actif.
Attractivement guidés vers le foyer qui les émit, ces germes, dont l'éclosion s'accomplit dans la matière, doivent d'abord être ; pour être , se rythmer dans une forme qui délimite leur champ d'action, les nourrit et leur permet l'usage sensoriel d'antennes accumulatrices. Ils sentent , donc ils sont .
Les scorires matérielles que leur spiraloïde rotation rive à eux (forme) deviennent leur poids encore plus que leur prison et les condamnent à subir les lois des pesanteurs et des gravitation. De ce jour, commence leur évolution dans la planète correspondant à leur rythme vibratif (longueur d'ondes, direz-vous)
Jusqu'au moment où, ayant obtenu par des incarnations successives le maximum d'intensité vibratoire, de perfection spirituelle arrachée à la matérialité planétaire, ils s'évadent des pesanteurs annihilantes, sont absorbés par les rayonnements cosmiques et entraînés vers des centres d'action propices à leurs nouvelles possibilités et conditions évolutives.
La souffrance, c'est l'accroissement de la personnalité spirituelle et vitale par excitation de la sensibilité.
Si vous imaginez le bonheur immuable, vous obtiendriez la staticité, c'est-Ã -dire le néant, puisque les êtres privés de leurs moyens sensoriels ou sensibles , ne sentiraient pas la joie. Dieu n'est ni bourreau ni tortionnaire, il est !
Si, par ses créations collectives et successives, il se réalise dans l'inconscience et la matérialité objectives, du moins cette réalisation passe des errements conditionnels aux lucidités lumineuses, aux spiritualités les plus subtiles, pour se fondre en la Conscience éternelle.
C'est pourquoi, emprisonné dans son corps de chair, l'homme souffre, ignorant que ce stade préparatoire a un sens, qu'il est précédé et suivi de choses explicatives, que chaque être qui paraît souffrir et vivre pour lui seul, en sa forme, est lié à une collectivité d'efforts et de sensations qu'il retrouve seulement à la mort du corps.
L'être est à la fois unité et total : unité d'apparence et total d'action.
La seule vraie souffrance est la perte momentanée du souvenir. Son moi complet est au ralenti dans son corps (guet-apens de sensations au profit de la spiritualité).
La souffrance est l'aliment de la conscience et la conscience, en se développant, détruit les besoins d'excitation sensibles , trouvant, dans sa lucidité progressive, une nutrition radioactive indolore, parce qu'ayant perdu sa source matérielle.
Ne jugez point le déterminisme des événements dans l'espace étroit d'une incarnation : l'obscurité des prisons règne sur le chaos !
Je ne puis, à mon grand regret, vous donner des précisions que seule, la vision, pourrait vous apporter.
Que les peines et les douleurs terrestres ne vous apparaissent point comme le châtiment d'un Dieu cruel, mais comme la conséquence de l'évolution progressive qui guide le Rien inconscient vers le Tout conscient .
Dieu, éternellement, absorbe et projette, se nourrit et crée ; il se nourrit de spiritualité assimilable et crée l'inconscience rudimentairement spiritualisée. Mais ces déchets de spiritualité que nous fûmes deviendront des centres radiants.
Ces embryons, l'Espace, le Temps, la Souffrance, les grandiront ! Ils deviendront en puissance, en conscience, les égaux de la Divinité ; ils seront Dieu actif, par absorption ; eux, les passifs d'hier, les éprouvés, les douloureux, ils rayonneront .
Faîtes-le donc, cet acte de foi, volontairement, car la Clarté se joue de l'Ombre !
Que cette dualité du bien et du mal, de la beauté et de l'horreur, de l'extase ou de la nuit vous incite à voir la Réalité splendide triomphant du doute torturant.
Le bien a raison du mal ; l'être en voie de progression le sent si bien qu'il l'adopte comme ordre moral. La beauté prime l'horreur et la splendeur des jours bleus et ensoleillés apporte la vie intense et radieuse arrachée aux flancs de la Nuit.
Souffrez avec résignation puisque la souffrance est le moyen de grandir. A chaque douleur subie, correspondent une victoire, un progrès, une conquête, l'être grandit des pas qu'il fait.
Si l'homme pouvait pressentir la beauté de ses devenirs, entrevoir la richesse de ses lendemains, il serait heureux de glaner, dans la douleur, ses récoltes prochaines.
Je le répète, sa véritable souffrance est l'ignorance où le condamne la loi terrestre.
Acceptez les rigeurs d'une règle qui vous meurtrit, sans vous révolter. Sachez que la main qui conduit le prodige des ascensions est ferme mais juste et généreuse. Sachez surtout que devant l'Eternité ouverte à votre connaissance, à votre activité, à votre désir, à votre ardeur, le passage terrestre est peu de chose : une petite larme que sèche l'infini de la félicité.
Devoir.
Q -- A votre tour, que pouvez-vous nous dire à propos de la souffrance ?
R -- La souffrance n'est pas une punition, mais une conséquence, une condition évolutive, sans laquelle tout dynamisme quel qu'il soit, humain, cosmique, stellaire, astral, etc… ne saurait exister.
C'est le mode fonctionnel du choc en retour des vibrations sur le dynamisme, lequel dynamisme, sans les ondes douloureuses qui le développent et l'amplifient, tournerait dans un orbite égal ( La douleur provoque l'extérioristaion sensible du dynamisme qui, pour échapper aux excitations pénibles, agrandit son orbite et par cela même son champ d'action… ), proportionnel à une dose énergétique (statique) et jamais accrue.
La sensation, c'est-Ã -dire la perception mécanique du sentiment être , est toujours douloureuse parce qu'active. C'est une excitation productrice d'énergie, qui met en travail le système dynamique et psychico-sensoriel, provoquant les transmutations et les échanges cellulaires chez les personnalités venues du néant et évoluant vers la plénitude.
Q -- Que représentent les événements ?
R -- Les événements représentent les moyens de développer l'être, de faire d'une minuscule étincelle, un foyer, un incendie, un volcan ; de transformer enfin l'impuissance initiale atomique en puissance d'agglomération rythmique et équilibrée.
C'est donc à force de souffrance que l'être constitue sa force, que l'infiniment petit échafaude l'infiniment grand. Le minuscule infusoire que nous fûmes, devient, sous l'aiguillon conceptionnel et excitateur de la souffrance, le gestateur de l'être radiant et conscient.
La souffrance est le stimulant de l'énergie, le commencement de l'effort. La loi évolutive veut un travail incessant dans ces deux rythmes (ascendants et descendants). La béatitude n'engendre que la staticité et l'inertie.
Homme, bénis tes souffrances et tes peines. Si parfois tu fléchis, si parfois tu chancelles sous le poids du fardeau, ne crains point. Sous le râle angoissé de l'horreur, de la peine, frémit l'aile limpide de la conscience libératrice.
Lutte ! Espère ! Crois !! L'ignorance : apanage des humanités errantes, obtient, des foules, des efforts inconscients mais lucratifs, sous le fouet de la souffrance.
Demain, après le dur passage franchi, l'homme, ayant, par ses épreuves, acquis la consciente compréhension des mouvements évolutifs, saura guider sa marche en avant sans tâtonnements et sans heurts douloureux.
Homme, ne maudis point même ce qui te blesse ! Tes luttes, tes larmes, tes supplications, tes sanglots sont les clefs magiques qui t'ouvrent l'infini ! La souffrance n'est pas l'horrible mégère détestée des humains. Quelle qu'en soit l'explication, imagée, fantaisiste ou cruelle, elle demeure seulement un instrument évolutif : la réalisation progressive de l'être qui, parti du néant, aborde à la divinité.
La souffrance crée la sensation, donc la vie ; la sensation multipliée crée l'organe, donc la forme et la forme concentre et limite la fonction. Chaque douleur apporte une cellule, un électron de plus à la masse constitutive de chaque être, jusqu'à l'heure où sa conscience ayant atteint la maturité spirituelle, l'être domine les éléments qu'il asservit
Symbole.
Q -- Que doit-on penser de la Souffrance ? du Mal ?
R -- La Souffrance ? le Mal ? Tâtonnements de petits foyers émis par le Foyer éternel pour retrouver l'attraction initiale, éloignements du Centre vibratoire et parfait.
A mesure qu'il se rapproche du Centre émetteur, l'être échappe au déséquilibre provoqué par l'arrêt de la longue trajectoire suivie depuis son émission. Petit à petit, il se libère, se rapproche, reprend ascensionnellement sa marche irrésistible vers le But éternel. Parti inconscient vers les bas-fonds, il remonte conscient vers les cimes. La douleur est l'alphabet de la Conscience et de la Spiritualité !….
Chacun selon ses plans polarisés et annexes, chaque atome produit des émissions qui finissent, en se régularisant, par produire une système aurique. Dès que ces systèmes se heurtent, ils se rejettent ou se fondent selon leur polarité. Or, dès que ces systèmes auriques sont en présence, il faudrait qu'ils fusionnent pour que soit réalisée l'idéalité divinisée (amour). Mais, dans les milieux matériels, ils se heurtent (égoïsme), d'où évolution dans la souffrance…
L'homme, en se cherchant lui-même dans la constitution des multitudes de matériaux formant son édifice, accomplit l'oeuvre des destins. Car les destins veulent que la cellule complète, qui entraîne dans sa gravitation des satellites innombrables, gouverne ces satellites mêmes, qu'elle nourrit de sont fluide vital. Ils veulent surtout que l'homme, reproduction infinie de Dieu, après avoir été cellule mécanique, devienne cellule créatrice à l'exemple du Créateur…
Homme, lutte ! Ton champ de bataille est éternellement ouvert ; travaille avec courage au déblaiement des erreurs. Connais-toi toi-même. Ne néglige rien pour cela, afin qu'à ton tour, libéré des liens matériels, tu puisses créer et modeler, enfin gouverner à jamais, la matière dont tu fus l'esclave.
Symbole.