TBILISSI (Reuters) - La Géorgie se dit victime d'un "acte d'agression" de la part de la Russie, affirmant que deux chasseurs russes ont survolé son territoire lundi et largué une bombe de 700 kilos qui n'a pas explosé.La Russie a de son côté démenti que son aviation soit entré dans l'espace aérien de son voisin.
"Nos radars montrent que ces chasseurs sont entrés de Russie avant de retourner dans la direction d'où ils provenaient. Je considère cela comme un acte d'agression réalisé par des avions venant du territoire d'un autre Etat", a-t-il dit.
Chota Outiachvili, responsable du ministère de l'Intérieur géorgien, a déclaré à Reuters que la bombe avait été larguée lundi sur le village de Tsiteloubani, à environ 65 km au nord-ouest de Tbilissi.
"Deux chasseurs russes sont entrés de Russie sur le territoire géorgien hier soir et ont largué une bombe de 700 kilos sur le village de Tsiteloubani. Heureusement, elle n'a pas explosé. Cela aurait été un désastre si elle avait explosé."
Il a précisé que cette bombe n'avait fait aucune victime.
Tsiteloubani se trouve non loin de la ville de Gori, près de la région séparatiste géorgienne d'Ossétie du Sud, source d'une vieille querelle entre Moscou et Tbilissi.
La Russie apporte un soutien financier aux rebelles des régions d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Elle accuse la Géorgie de mettre en oeuvre des politiques qui lui seraient hostiles.
Moscou a démenti les affirmations de la Géorgie.
"L'aviation russe n'a effectué ni lundi ni mardi de mission en Géorgie", a dit le colonel Alexandre Drobychevsky, conseiller du commandant de l'armée de l'air russe. "La Russie n'a pas violé les frontières de la Géorgie."
Le gouvernement géorgien a précisé que la bombe avait été larguée lundi à 20h00 (16h00 GMT) et que des spécialistes de l'armée avaient été dépêchés sur les lieux.
En 2002, la Géorgie avait accusé l'aviation russe d'avoir envoyé des chasseurs survoler son territoire, ce que Moscou avait démenti.
Les relations entre les deux voisins se sont encore détériorées l'année dernière quand la Géorgie a expulsé quatre officiers de l'armée russe qu'elle présentait comme des espions.Moscou avait répliqué en retirant son ambassadeur en poste à Tbilissi et en suspendant les liaisons aériennes, maritimes et postales avec la Géorgie. Des milliers de Géorgiens avaient été expulsés de Russie.Les tensions sont demeurées fortes dans la région. Mais les deux voisins ont paru ces derniers mois chercher l'apaisement. Moscou a notamment renvoyé en Géorgie un ambassadeur à cette fin.
lemonde.fr