On estime les victimes à cent quarante ou cent cinquante millions dans le monde. Presque deux fois et demie la population de la France . Il s'agit de femmes ayant subi une excision et ce, également sur le territoire français?
Dans cet ouvrage datant de 2005, Khady, Présidente du réseau européen de lutte contre les mutilations génitales nous retrace son histoire émouvante et tragique. Excisée à l'âge de sept ans, une douleur à la lecture à peine soutenable, puis mariée de force à l'âge de 13 ans à un cousin vivant en France, la petite Sénégalaise débarque à 14 ans sur notre territoire. Elle fera ensuite face à une série d'évènements des plus horribles : viol conjugal (quasiment quotidien), polygamie, grossesses précoces et très rapprochées (enceinte de son 3ème enfant à 19 ans?), violence conjugale?
Arrivée à l'âge adulte, Khady s'est lancée avec courage dans la lutte contre l'excision. Cette pratique est aujourd'hui toujours pratiquée, certes illégalement, en France alors que rien ne justifie cette mutilation. Il faut dire que la lutte est rendue beaucoup difficile lorsque certains Français prennent partie pour l'excision sous prétexte de culture et de traditions à respecter, ce dont l'auteur témoigne !!!
Mais outre l'atrocité de cette pratique barbare qu'est l'excision, ce livre est très précieux quant à la réalité de ce qu'attend une jeune Sénégalaise en arrivant dans ces conditions en France. On peut ainsi lire entre autre dans ce livre :
Ce qui m'a frappée alors, c'est l'obligation de choisir ce prénom dès la naissance de l'enfant, et parfois bien avant. J?ignorais que l'état civil français avait la priorité sur nos traditions.» (page 92).
Mon mari voulait, en France, me confiner dans une chambre, avec pour seul statut social celui d'une mère pondeuse, afin (?) de récupérer un maximum d'allocations familiales pour son profit personnel, comme pas mal d'hommes. (page 115)
Personne en France ne savait alors que cette chose [l'excision] existait, qu'elle était régulièrement pratiquée et que toutes les petites filles africaines entre 1975 et 1982 ont été excisées . (page 105)
Aujourd'hui, qu'est-il réellement mis en ?uvre pour éviter qu'excisions, mariages forcés, polygamie et autres joyeuses traditions extérieures à la culture française soient pratiquées?