Jeannette Bougrab est issue des "minorités visibles" et est maître de conférences en droit public.
Le Figaro de ce jour consacre un court article à ces "minorités visibles" que les différents partis mettent en avant pour les législatives. Une raison de plus pour s'interroger : ces personnes sont-elles candidates grâce à leurs talents et leurs compétences ou bien grâce à leur couleur de peau ou leur origine ethnique ? Cette volonté politique de diversifier à tout va la représentation nationale, les instances de direction, le milieu de l'entreprise et les autres secteurs (sauf l'équipe de France de football) conduit à mettre sérieusement en doute le savoir-faire des individus issus des rangs de l'immigration ou de nos DOM. Bref.
Jeannette Bougrab fait partie de ces candidats dont on vante l'exotisme pour défendre le modèle d'une France multiculturelle et ouverte on the world. Pourtant, même si de façon indéniable, son origine et sa jolie frimousse ont joué en sa faveur (ah oui, elle est UMP...), elle a démontré par son parcours universitaire qu'elle était loin d'être une bille, même si un doctorat en droit n'est nullement un gage de qualité.
Le détail qui me gêne avec Miss Jeannette n'est pas son origine ethnique, mais le statut qu'elle s'octroie à la fois sur son blog et dans ses interview. Titulaire donc d'un doctorat, elle a été recrutée comme maître de conférences. Or, elle se décrit elle-même comme "professeur de droit à l'université". On retrouve cette affirmation dans Le Figaro de ce jour mais également dans son blog personnel dans la page de présentation. Seuls le site de sa faculté (heureusement !) et un article de Libération daté du 2 juin dernier évoquent son vrai titre de "maître de conférences".
Une précision s'impose : un maître de conférences n'est pas un professeur de droit. Pour faire simple, pour devenir maître de conférences, il convient de postuler dans les facultés où il existe des postes vacants après avoir obtenu son doctorat. C'est un simple recrutement pour lequel les places sont chères. Issue de la Sorbonne, Miss Jeannette a été recrutée... à la Sorbonne. La règle d'or du recrutement local a marché à fond pour la jolie demoiselle, comme c'est d'ailleurs le cas dans toutes les universités. En revanche, pour devenir professeur de droit, la musique n'est pas du tout la même. Il faut passer le concours de l'agrégation qui a lieu tous les deux ans et qui s'étale sur plusieurs mois. Si l'on parvient à passer différentes épreuves (dont je vous passe les détails), on reçoit le titre de "professeur". J'ai jeté un oeil sur les résultats des derniers concours et je n'ai pas vu de Jeannette Bougrab.
En conséquence, cette dernière est bien une universitaire, mais elle est simplement maître de conférences et non pas professeur de droit. La différence est de taille. Or, elle semble, par souci de facilité sans doute, s'octroyer le plus haut titre de la hiérarchie universitaire, ce qui, pour les puristes, est quelque peu gênant. Je lui avais posé la question sur son blog il y a quelques semaines. Les commentaires étant modérés, le mien n'est jamais apparu.
Dans sa présentation, sur son blog, Madame le maître de conférences décrit son "itinéraire d'énergie". Dommage qu'il soit entâché d'une légère usurpation.