Ou les vertus de la discussion. Durant les vacances, l'Espiègle nous a fait passer une journée d'enfer, vraiment insupportable. Cela arrive et pas seulement qu'aux enfants, mais elle a vraiment tout fait pour emmerder son monde, avec une petite préférence pour votre serviteur. Elle s'est permis de lever la voix sur sa mère, n'écoutait rien de ce que nous lui disions et en prime, prenait un malin plaisir à emmerder le Petit Homme et ses deux cousines. Incapable de vous dire ce qui n'allait pas, mais c'est clair que quelque chose n'allait pas !
Du coup, lorsque Normandie fleurie est partie se coucher, j'en ai parlé à Café léger. Ce ne fut pas facile d'aborder la question, mais les vacances commençaient à peine et je ne me voyais pas passer mon temps à jouer les garde chiourne, c'est aussi les vacances pour moi. Ce qui m'a motivé, c'est que tout ce qu'elle a fait, elle ne se le serait jamais autorisé quelques jours plus tôt lorsqu'elle était seule avec moi, elle faisait payer quelque chose à sa mère, mais c'était la seule qui ne réagissait pas. Les enfants et moi étions excédés, mais elle, ne semblait pas réagir et je dirais même, la confortait un peu dans son attitude.
C'est sur ce point que j'ai particulièrement réagi. Du coup, je lui ai demandé d'être un soutien pour moi ou plus exactement, de prendre réellement sa place de mère dans cette nouvelle relation, même si cela implique de l'autorité et donc, des confrontations. Je ne pense pas que ce fut très agréable à entendre, loin de là même. Mais laisser la petite faire son bébé et que sa mère la suive sur ce terrain, c'était gênant pour tout le monde, y compris pour la petite.
Me laisser aussi être le représentant unique d'une quelconque autorité, cela pose de graves problèmes, car ce n'est pas sans conséquence. La première, c'est que la gamine tente de la balader sur bien des points alors qu'elle ne tenterait pas le quart avec moi. La seconde, c'est que l'Espiègle me prenait en grippe car elle savait que j'étais le seul à réagir et enfin, cela la décrédibilisait elle complètement aux yeux de sa fille.
Horrible, ce fut un moment horrible, pour elle comme pour moi. Pour elle, car ce n'est pas agréable à entendre et, pour moi, j'avais l'impression de lui dire qu'elle ne savait pas éduquer sa fille. Ce n'était pas là mon propos, simplement qu'elle devait se méfier et ne pas laisser compenser les manques du papa par votre serviteur, et ne devait pas, au nom de cette saloperie de culpabilité qu'elle ressent d'avoir mis fin à la vie familiale, laissé tout faire à sa fille, ce n'est pas lui rendre service aujourd'hui et encore plus pour demain.
Nous nous sommes couchés tard et non pas fâchés, mais pas très câlins non plus. Là où je reconnais son intelligence, c'est que d'une part, elle n'est pas tombée dans le reproche lors de cette conversation en me disant que moi non plus je n'étais pas parfait, que j'avais aussi commis des erreurs, tant avec sa fille qu'avec mon propre fils, elle m'a fait remarquer certaines choses, mais simplement parce que nous abordions certains points ensemble, pas par vengeance. De même, si le soir fut compliqué et la nuit peu reposante, le lendemain, elle avait pensé et mûri ce que j'avais tenté de lui dire et dès le réveil, elle changeait son fusil d'épaule et les relations entre la petite et nous tous se sont grandement améliorées.