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1-18-08, l'Apocalypse expliquée aux idiots
Il y a une attente de l'Apocalypse qui, dans ses outrances mêmes, peut faire sourire. Elle éructe pourtant son impatience et n'hésite même pas à engueuler le divin Procrastinateur. Il y a une attente de la fin grossièrement synthétisée par quelque symbole déchu de la grandeur américaine rebondissant dans les rues de New York sur fond de mugissement de sirène dunquerquoise, attente tout aussi pataudement exacerbée par des sceaux pas franchement inviolables dont l'énigme facile semble avoir hypnotisé tous les mulots de la Toile. Il y a l'attente, dans un rôle de rétiaire excédé que l'on n'escomptait guère de la part du doux Ernest Hello midinétisé, javélisé par le ridicule Patrick Kéchichian, d'une intrusion qui enfin nous donne à voir et à comprendre plus que ce que le monde recèle de trésors visibles, écarte pour nous les révéler les profondeurs inconnues de la terre, Hello réclamant des signes, des signes, encore des signes, maintenant, hic et nunc, à son ami, Léon Bloy. Il y a la négation même de toute violence, de toute fureur dévastatrice, négation qui finalement constitue peut-être l'apocalypse la plus effrayante, comme Thomas Glavinic l'expose dans son étrange et envoûtant roman, Le travail de la nuit (Flammarion). Il y a enfin l'attente angoissée, nerveuse, alarmée, forcément esthétique et violente (donc incomprise des sérieux à lunettes serrées, des professeurs barthésiens, des tartuffes patents comme Badiou-le-Résistant-radical-renaissant-de-ses-cendres-comme-le-Phénix et même de ces…
Source : hautetfort.com
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