...sauf que Tom Hanks, c'est pas trop mon genre... À part ce petit détail, jte jure, voici une scène digne d'un mélo pourrave à la guimauve de fin de soirée avec un mug de chocolat et des kleenex, avec Meg Ryan, donc (à copier dix fois: regarder quand Harry rencontre Sally pour la 17è fois à seulement 26 ans nuit dangereusement à la santé)
Donc voilà comment ça se serait passé dans le film avec Meg...
Meg est toute chigneuse parce qu'elle a un chagrin d'amour, elle n'en reste pas moins pétulante mais de temps en temps va s'effondrer au milieu de geysers de larmes puis hurler à ses amis, tout en se mouchant, que siiiiiiii tout va bien, c'est juste qu'elle a une sinuste, mais pourquoiii pourquoiiii pourquoiiii?
[notez la candeur de mes références cinématographiques de même que mon adoucissement digne d'une publicité pour de la lessive hypoallergénique, normalement toute pré-trentenaire [aaaaah, pré-trentenaire, prétrentenaire, c'est mon nouveau mantra, mon id a du prendre un sacré coup au surmoi] se noierait dans des barriques de margarita et se consolerait avec son nouveau vibromasseur [qui lui ne met pas les pieds sur la table en regardant du foot]. Bref, un revival eighties pour ma pomme, c'est surement moins dangereux à la santé]
Bref, Meg est obsédée, ses amies lui ont dit de l'oublier, elle voudrait bien mais n'y arrive pas et se perd dans de nombreuses activités pour se persuader que sa vie est normale et que le tsunami sentimental qu'elle subit n'est autre qu'un micro-évènement à l'échelle planétaire, et un follicule temporel dans un cadre historique où elle même n'occupe qu'une place infinitésimale. Autant dire, pas digne d'intérêt.
Là la musique s'emballe dans le film, elle est même un tout petit peu plus joyeuse, ses amies sortent leurs fichiers de références pour lui organiser une nouvelle blind date, elle se résout à y aller, scènes syncopées et sans son du défilé des prétendants qui ennuient Meg.
Son moral pourrait retomber comme un soufflé, mais elle décide de se consacrer à elle-même et se remet à l'écriture/la poterie/le macramé/autre (barrer la mention inutile ou compléter sur les pointillés)
Et un jour dans ce flou artistitique, Meg décide d'aller faire un tour à la librairie du coin, celle où elle n'a pas mis les pieds depuis des siècles. Bien entendu vu son état d'esprit, elle est habillée comme un sac, porte des grosses lunettes, n'est pas coiffée (si ça avait été une autre actrice que Meg, elle aurait eu un chignon infame), pas maquillée. Elle chantonne en feuilletant des livres et en touchant les couvertures tout en se félicitant à voix basse de sa force psychologique: elle ne pense pas à lui, mais alors pas du tout, elle est totalement passée à autre chose ("I'm over him, totally over him, SO over him I actually wonder how I ever...")
Et là ...là il faut trouver un compositeur génial pour la BO celui qui fera passer avec trois notes ce qu'on ne pourra jamais dire avec des mots:
ben là il est en face d'elle.
Et notre bonne Meg qui tremble qui bafouille qui sait plus où se mette qui débite un nombre incroyable de conneries à la minute qui ne voit que ses yeux.
Ca dure un temps infinitésimal dans l'histoire de l'univers, mais c'est un peu tous les tsunami du monde d'un coup.
Et après quand elle repart Meg (même chose, penser à la musique), elle se tape la tête contre un mur, ou le front avec le plat de la main tellement elle se sen bête, elle se voit dans une vitrine et elle se dit que c'est pas possible, franchement.
Le truc bien dans les films c'est qu'on connait la fin, alors qu'ailleurs non, et d'ailleurs ailleurs, ça se finit rarement comme dans les films (sauf quand NY explose mais c'est une autre histoire)