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Une réforme baclée celle de l'université pourquoi?

Une réforme baclée qui ne répond pas aux vrais problèmes.
Aborder les vrais problèmes aurait eu pour conséquences
les manifs des 10% des étudiants syndiqués.
Donc reculade et au final un texte complétement vidé de son sens.
Toujours pas de selection
1 étudiant sur trois ne maîtrise pas et de loin les savoirs indispensables
pour suivre l'enseignement choisi
donc voué inévitablement à l'échec à moins d'accorder le DEUG la LICENCE (demande de l'UNEF)
et demain le MASTER à l'ancienneté pour satisfaire les cancres .
L'autonomie des universités est un leurre, un Président
et surtout un conseil où les enseignants ne représenteront que moins
de 20% de ceux qui décideront.
incroyable ? mais vrai!
La vie se chargera cependant de faire la sélection qui elle est inévitable.
le monde du travail est soumis à l'efficacité.
ceux qui ne travaillent pas, ceux qui sont inadaptés par rapport à la demande,
ceux qui ne produisent pas conformément à la demande des clients sont
alors irrémediablement condamnés.
Il est curieux de voir et de vérifier que les étudiants qui empêche toute sélection,
n'ont qu'un seul objectif, se maintenir dans la fonction publique souvent comme enseignants.
lu sur revue républicaine

"Université : un coup d'épée dans l'eau

mercredi 27 juin 2007

Dans un colloque tenu au Conseil constitutionnel en 2006, en présence de plusieurs

parlementaires dont Mme Valérie Pécresse,

les juristes unanimes avaient dénoncé la malfaçon législative résultant du triomphe

de la communication politicienne sur la prise en compte de l'intérêt général.

Le projet de loi réformant l'université n'échappe malheureusement pas à

ce travers et la qualité de la recherche et de l'enseignement

supérieur est encore sacrifiée sur l'autel de la démocratie d'opinion .

On nous avait annoncé la rupture qui devait enfin permettre à l'Université française

d'enrayer la dégringolade vertigineuse provoquée par une mentalité et des structures

issues d'un soixante-huitardisme éculé.

Il fallait pour cela avoir le courage d'expliquer aux Français qu'environ un tiers des étudiants

qui s'inscrivent à l'université le font par défaut et ne possèdent pas

les prérequis nécessaires pour y suivre les enseignements

et y acquérir le diplôme espéré.

Les moyens considérables ainsi gaspillés pour des étudiants voués à l'échec

sont retirés à ceux qui auraient la possibilité de réussir avec un encadrement et des outils supplémentaires.

Le nivellement par le bas et la dévalorisation des diplômes auxquels nous ont condamnés

des syndicats idéologues et sectaires ne peuvent être corrigés sans l'introduction d'une sélection à l'entrée,

tandis que les formations courtes de type IUT doivent être multipliées et plus ouvertes.

Mais le gouvernement a eu peur de voir de nouveau des étudiants descendre dans la rue et

l'a d'ailleurs reconnu publiquement.

Il a donc préféré suivre une nouvelle fois les exigences de l'UNEF qui conduisent à dévaloriser

la licence exactement comme on a bradé le baccalauréat.

Ce syndicat, dont la capacité de nuisance est inversement proportionnelle à la représentativité

(le taux de participation des étudiants aux élections universitaires est en moyenne de 10 %),

trouve encore le moyen d'ériger la massification en horizon indépassable et

de s'insurger contre la possibilité d'une sélection à l'entrée du master !

Mais il y a pire encore. Se fiant aveuglément aux propositions de la Conférence des présidents

d'université (CPU) dont on sait pourtant qu'elle ne se compose pas des

éléments les plus brillants ni les moins démagogues de la communauté scientifique,

le gouvernement s'est attaché à prendre le parti de la médiocratie contre celui de la qualité

dans le recrutement des enseignants-chercheurs comme dans la gouvernance

des établissements.

Le projet de loi privilégie, en effet, le localisme dans les recrutements et donne au président de

l'université un droit de veto exorbitant sur l'affectation de tous les enseignants-chercheurs

auquel s'ajoute la possibilité d'en recruter par voie contractuelle.

L'absence de toute référence dans le texte au maintien des concours d'agrégation de droit,

science politique, économie et gestion laisse même envisager une possible

suppression de ce recrutement spécifique fondé sur l'excellence,

dont on sait qu'il agace les présidents d'université et les doyens qui n'en sont pas issus.

Le recrutement local a toujours inexorablement fait passer les médiocres devant les meilleurs

au point de voir discréditer définitivement les universités qui l'ont trop pratiqué.

C'est pourtant ce localisme qui triomphe dans le projet de loi au mépris des

intentions affichées de redorer le blason de la recherche française et de stopper la fuite des cerveaux.

Enfin, le conseil d'administration de l'université a été resserré à vingt membres mais les professeurs

n'y sont plus qu'au nombre de quatre tandis qu'on attribue sept sièges à des personnalités extérieures

nommées discrétionnairement par le président et trois autres

à des représentants d'étudiants alors même que ceux-ci font un séjour moyen de quatre ans

à l'université et manifestent traditionnellement fort peu d'intérêt pour ces élections.

Dans les universités pluridisciplinaires comportant plusieurs composantes

(unités ou facultés) on est donc assuré que plusieurs d'entre elles

(droit, pharmacie, sciences économiques ou autres) n'auront aucun représentant

professeur au sein du conseil.

Ce texte ne consacre nullement l'autonomie de l'université et de ses composantes

mais se borne à instaurer une dictature du président de l'établissement en faisant

le choix du pouvoir contre le savoir.

Ignorant délibérément les problèmes de fond décrits dans l'excellent livre

intitulé Université : la grande illusion [1] il amplifie la dérive

médiocratique de l'université française plus qu'il ne le corrige."

Anne-Marie LE POURHIET

__________

[1] Publié sous la direction de Pierre Jourde, aux éditions L'Esprit des péninsules (2007).


Source : hautetfort.com
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