M. Valls veut changer le nom du parti socialiste. Il est vrai que ce camarade a l'habitude de changer. N'est-ce point lui,alors que tout son parcours et ses amitiés le destinaient à militer pour le OUI au TCE, a fait la campagne interne au PS pourle NON, puis a brusquement décidé de rallier le camp du OUI lors du référendum national ? N'est-ce point toujours lui, qui après le résultat du référendum a osé avancer qu'il s'était positionné pour le NON ? Encore lui, qui pendant 5 ans a endossé le rôle de chien de garde contre tous les rénovateurs et qui veut aujourd'hui être le chantre de la rénovation ?
M. Valls n'est en fait que l'avocat d'une ligne qui a été désavouée par les Français, celle du socialibéralisme qui a été incarnée par S. Royal, et d'une méthode deprise de pouvoirrefusée par le Bureau national de notre parti, le putsch. Il n'a cure de ces désaveux, il veut des responsabilités au sein d'un nouvel appareil. Cela passe désormais, il en est convaincu (mais pour combien de temps ?), par le changement de nom du parti socialiste. Celui qui est un fidèle de l'excandidate à la présidentielle traduit-il ainsi les futures conclusions de "l'autocritique" de Royal ?
L'agitation de M. Valls montre combien il n'a tiré aucune leçon ni du 21 avril 2002, ni du 29 mai 2005, ni du 6 mai 2007. Il estime que c'est désormais à son tour de diriger notre parti et pour cela, bien plus que son nom, il est prêt à en abandonner jusqu'à ce qui fait sa raison d'être : le socialisme.
M. Valls considère que les socialistes sont injustes envers Royal, Lang, Védrine et DSK. Il est temps de lui signifier, ainsi qu'à ceux-ci, que la fidélité au socialisme c'est de choisirla pensée et non le leadership,la lutte et non la demande de permission,la justice et non la charité, le partage et non le privilège, la conscience et non la consigne, l'être et non l'avoir, l'internationalisme et non le nationalisme, la solidarité avec les plus démunis et non la partication aux organisations internationales qui les exploitent, l'opposition frontale et non la collaboration avec Sarkozy, l'action collective et non l'aventure personnelle, la gauche et non la droite.
Aucune rénovation, sinon celle de façade médiatisée par un conseiller en communication tel que M. Valls, ne peut s'éloigner de ces fondamentaux. Manifestement M. Valls ne peut être ni le moteur ni le carburant de la nécessaire rénovation qui doit s'affirmer par :
- l'ancrage à gauche et la reconquête idéologique,
- la rénovation des pratiques du PS préfigurant le renouvellement des institutions et l'avènement de la 6e République,
- le partage des responsabilités et le renouvellement des responsables.